Inde: Le sexisme tue 239.000 fillettes par an, estiment des chercheurs

DISCRIMINATIONS Les petites filles indiennes sont plus souvent concernées que les garçons par la malnutrition, le manque de soins ou l’absence de vaccination…

20 Minutes avec agences

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Une mère et sa fille, le 13 mai 2018 à Allahabad, en Inde.
Une mère et sa fille, le 13 mai 2018 à Allahabad, en Inde. — Rajesh Kumar Singh/AP/SIPA

Le constat est dramatique. Environ 239.000 petites Indiennes meurent chaque année en raison de négligences dont souffrent moins les garçons dans une société sexiste, ont affirmé des chercheurs dans une étude publiée ce mardi dans The Lancet.

« La discrimination fondée sur le sexe ne les empêche pas seulement de naître, elle peut aussi précipiter la mort de celles qui sont nées », a écrit l’un des auteurs, le démographe Christophe Guilmoto, de l’université Paris Descartes. Si l’Inde est connue pour la fréquence des avortements dus au sexe du bébé, leur nombre est inférieur à celui des décès de fillettes de moins de cinq ans.

Des formes de négligence multiples

Malnutrition, manque de soins, absence de vaccination : les formes de cette négligence sont multiples. Elle aboutit à une « surmortalité » chez les filles, la plus marquée dans les régions les plus pauvres, à la plus forte natalité, et au plus fort illettrisme, surtout dans le nord du pays.

« Une fertilité élevée est ce qui prédit le mieux la discrimination post-natale contre les filles, laissant penser que les morts supplémentaires de filles sont en partie la conséquence de grossesses non désirées et par la suite d’une négligence », ont souligné les auteurs.

« 22 % de la surmortalité » due au sexisme

Selon l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA), centre de recherche autrichien, « environ 22 % de la surmortalité chez les filles est donc due à une forme de sexisme ».

« Comme le démontrent les estimations par régions des morts en excès chez les filles, toute intervention pour réduire la discrimination dans la répartition de la nourriture ou les soins médicaux devrait par conséquent en cibler certaines en priorité (…) où persistent la pauvreté, un faible développement social et des institutions patriarcales », a commenté de son côté une démographe indienne de l’IIASA, Nandita Saikia.

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