Le ministre des Affaires étrangères iranien à Bruxelles pour sauver l'accord sur le nucléaire

ARME NUCLEAIRE Cette étape est la troisième d’une « tournée diplomatique » pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien, après Moscou et Pékin…

20 Minutes avec AFP

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Mohammad Javad Zarif, le 13 mai 2018 en Chine.
Mohammad Javad Zarif, le 13 mai 2018 en Chine. — THOMAS PETER / POOL / AFP

Ce sont les discussions de la dernière chance pour l’accord iranien. Le chef de la diplomatie du pays Mohammad Zarif est attendu ce mardi à Bruxelles, pour tenter de sauver le pacte, abandonné avec fracas par les Etats-Unis.

« L’accord avec l’Iran fonctionne, nous devons faire le maximum pour le préserver », a commenté auprès de l’AFP Maja Kocijancic, porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Ce texte « peut servir de base », a-t-elle ajouté, tout en prévenant qu’il ne fallait pas « y mettre (…) des points qui n’y sont pas ».

Mohammad Zarif doit rencontrer ses homologues français, allemand et britannique ce mardi, les représentants des trois pays européens impliqués dans cet accord.

Un nouveau groupe validé par la communauté internationale

Cette étape dans la capitale européenne est la troisième d’une « tournée diplomatique » pour sauver l’accord. Mohammad Zarif s’est d’abord arrêté à Pékin pendant le week-end, puis à Moscou lundi, où il s’est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Au terme de ces entretiens à travers le monde, il aura alors fait le tour des cinq puissances qui, outre les Etats-Unis, avaient signé avec l’Iran cet accord historique en 2015. Celui-ci prévoyait une levée des sanctions visant l’Iran en contrepartie de l’engagement de la République islamique de ne pas se doter de l’arme nucléaire.

« L’objectif final de tous ces pourparlers, c’est d’obtenir des assurances que les intérêts du peuple iranien, garantis par (l’accord) seront défendus », a déclaré Zarif à Moscou.

Objectif : constituer un groupe de travail reconnu par la communauté internationale. Le chef de la diplomatie russe a de son côté estimé au début de la rencontre que Russes et Européens devaient « défendre de concert leurs intérêts » sur ce dossier.

La Russie « est prête à continuer à respecter l’accord nucléaire iranien malgré le retrait des Etats-Unis », a déclaré le président Vladimir Poutine.

Rapprochement entre la Russie et les Européens

La sortie des Etats-Unis entraîne un rapprochement entre Moscou et les Européens, une évolution rare vu les tensions de ces dernières années, alimentées par les dossiers syrien et ukrainien et récemment renforcées par l’empoisonnement de l’ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s’est également entretenu ces derniers jours avec ses homologues des pays européens signataires de l’accord pour leur demander de poursuivre leur « forte coopération » avec Washington, a rapporté lundi le département d’Etat américain dans un communiqué.

Il a estimé que les Etats-Unis et leurs alliés européens avaient des intérêts identiques : « Faire en sorte que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire » et « contrer les activités déstabilisatrices du régime iranien dans la région », selon ce communiqué.

L’accord a été conclu en juillet 2015 après des années d’âpres négociations entre l’Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Aux termes de l’accord, Téhéran a accepté de geler son programme nucléaire jusqu’en 2025.

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