Espagne: Qui est Quim Torra, le nouveau président de la Catalogne?

ELECTION Le séparatiste Quim Torra a été élu lundi par le Parlement catalan à la tête de la région espagnole...

20 Minutes avec AFP

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Quim Torra lors de son élection à la tête de la Catalogne, le 14 mai 2018.
Quim Torra lors de son élection à la tête de la Catalogne, le 14 mai 2018. — Manu Fernandez/AP/SIPA

L’éditeur catalan Quim Torra, accusé par ses adversaires de nationalisme xénophobe, a été élu lundi président de la Catalogne. Il a promis de suivre les instructions de Carles Puigdemont, qui l’a chargé de continuer la lutte pour l’indépendance de cette région d’Espagne.

« Vive la Catalogne libre ! » a lancé après son élection par 66 voix contre 65 ce père de trois enfants, qui a promis de travailler « sans relâche » à la construction d’une République indépendante. Cet homme de 55 ans, sans autre expérience politique qu’un mandat de député régional depuis quelques mois, est un indépendantiste pur et dur, inconditionnel de l’ex-président en exil qu’il considère comme « le président légitime ».

Il a reconnu lui-même que son mandat n’était que « provisoire », jusqu’à l’éventuel retour de Carles Puigdemont, qui attend en Allemagne que la justice se prononce sur une demande d’extradition de Madrid.

« Suprémaciste » et « ultranationaliste »

A cause de cette filiation politique, la presse espagnole lui a donné des surnoms peu flatteurs tels que « pantin », « homme de paille » ou « marionnette ». Puigdemont s’est choisi « un membre éminent de la ligne dure de l’indépendantisme qui ne répond qu’à lui », a commenté Oriol Bartomeus, professeur de Sciences politiques à l’Université autonome de Barcelone.

Le ton aimable et posé de Quim Torra, forte carrure, large front dégarni au-dessus de lunettes épaisses, contraste avec ses écrits récupérés par l’opposition, qui le traite de « suprémaciste » et « ultranationaliste » catalan. Dans une série d’articles en ligne, il traitait l’Espagne de « pays exportateur de misère » et qualifiait de « charognards, vipères et hyènes » ceux qui ne défendent pas comme lui la culture et la langue catalane.

Les Espagnols, qu’il présente comme des « occupants », « ne savent que spolier », avait-il tweeté en 2012. Les tweets avaient depuis été effacés mais conservés par des adversaires. « Je regrette que des tweets sortis de leur contexte, visant le gouvernement espagnol, aient pu offenser quelqu’un », a-t-il répondu lundi.

La preuve de la perte d’une « indépendance »

Natif de la ville catalane de Blanes, sur la Costa Brava, Quim Torra avait fait une longue carrière au sein la compagnie d’assurances suisse Winterthur. Il profite de son indemnité de licenciement pour fonder en 2008 une maison d’édition, A Contra Vent, spécialisée dans la récupération de textes de journalistes catalans de la Seconde république espagnole (1931-1939) et de l’exil pendant la dictature de Francisco Franco.

Il s’est alors fait un nom dans les cercles nationalistes catalans et avait fait partie de la direction de la puissance association ANC, organisatrice d’immenses manifestations indépendantistes.

Jusqu’en 2015, il a également dirigé le Centre culturel du quartier barcelonais El Born, qui présente les ruines des remparts de Barcelone, prise par les troupes royalistes en 1714 lors d’une guerre de succession, comme la preuve de la perte d’une « indépendance » de la région.

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