Ambassade américaine à Jérusalem: Bain de sang à Gaza, Israël et les Etats-Unis isolés

MONDE Au moins 55 Palestiniens ont été tués, lundi, et la communauté internationale a vivement condamné

20 Minutes avec AFP

— 

Au moins 58 Palestiniens ont été tués lors de heurts avec l'armée israélienne dans la Bande de Gaza, le 14 mai 2018.
Au moins 58 Palestiniens ont été tués lors de heurts avec l'armée israélienne dans la Bande de Gaza, le 14 mai 2018. — MAHMUD HAMS / AFP

Difficile de faire plus contrasté que ces images. Lundi, l’ambassade américaine a été inaugurée en grande pompe à Jérusalem tandis qu’à moins de 100 kilomètres de là, 58 Palestiniens qui participaient à des manifestations à la frontière de la bande de Gaza ont été tués. Si l’Etat hébreu et Washington accusent le Hamas d’être responsable du bain de sang, Paris et de nombreuses capitales ont « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants ». A l’ONU, une demande d’enquête indépendante a été bloquée par les Etats-Unis.

Le bilan : 58 Palestiniens tués

C’est la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l’été 2014 dans la bande de Gaza. Les soldats israéliens ont tiré à balles réelles, tuant 58 Palestiniens et en blessant 2.400, selon un dernier bilan des autorités palestiniennes. Parmi les morts figurent plusieurs mineurs de moins de 16 ans. 109 Palestiniens ont été tués depuis le début le 30 mars de la « Marche du retour », qui voit des milliers de Gazaouis se rassembler régulièrement le long de la barrière de sécurité entre Israël et l’enclave palestinienne.

Les réactions : Washington accuse le Hamas, Ankara dénonce « un génocide »

La direction palestinienne a crié au « massacre » alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a justifié l’usage de la force par le droit d’Israël à défendre ses frontières contre les agissements « terroristes » du mouvement islamiste Hamas, qui gouverne Gaza et auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008. Washington a également estimé que le Hamas était « responsable » des violences.

Ces événements ont suscité une vive inquiétude internationale dans un contexte de tensions et d’incertitudes régionales déjà fortes. La Turquie et l’Afrique du Sud ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Israël, Ankara dénonçant « un terrorisme d’Etat » et « un génocide ». L’Iran a dénoncé un « jour de grande honte », évoquant un « massacre de sang-froid ».

L’Union européenne et Londres ont appelé à la retenue. Emmanuel Macron a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » palestiniens à Gaza et réaffirmé « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem ».

La suite : Crise diplomatique et tensions maximales mardi

Le bilan pourrait augmenter puisqu’une nouvelle mobilisation est prévue près de la frontière mardi, jour où les Palestiniens commémorent la « Nakba », la « catastrophe » qu’a constituée pour eux la création d’Israël en 1948 et qui a été synonyme d’exode pour des centaines de milliers d’entre eux.

Le Koweït a demandé une réunion en urgence mardi du Conseil de sécurité de l’ONU tandis que le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est dit « particulièrement inquiet ». Mais selon des diplomates, Washington a bloqué l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité appelant à une enquête indépendante.