Un alpiniste amputé des deux jambes atteint le sommet de l'Everest, après cinq tentatives ratées

EXPEDITION Xia Boyu, ressortissant chinois de 69 ans, a été amputé des deux pieds en 1996 à cause d’engelures sur les pentes de l’Everest, puis des deux jambes…

20 Minutes avec AFP

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Xia Boyu, le 4 avril 2018.
Xia Boyu, le 4 avril 2018. — PRAKASH MATHEMA / AFP

Le cinquième essai aura été le bon. L’alpiniste chinois Xia Boyu, amputé des deux jambes, a réalisé ce lundi son rêve d’atteindre le sommet de l’Everest. Un exploit qui intervient au bout d’une série de tentatives avortées.

Xia Boyu, ressortissant chinois de 69 ans équipé de prothèses, est enfin parvenu à la cime culminant à 8.848 mètres d’altitude aux premières heures de la matinée. « Il a atteint le sommet ce matin, avec sept autres membres de son expédition », a confirmé Dawa Futi Sherpa de l’agence organisatrice Imagine Trek and Expedition.

L’alpiniste a bien failli ne jamais se tenir au sommet de la Terre lorsque le Népal a interdit l’année dernière l’ascension de l’Everest aux personnes doublement amputées et aux aveugles. Une mesure finalement annulée par la justice en raison de son caractère discriminatoire.

L’histoire de la perte de ses jambes commence en 1975, sur les pentes de l’Everest. Xia Boyu faisait partie de l’équipe nationale chinoise. Le groupe a alors essuyé une tempête sous le sommet. En manque d’oxygène, exposé à des températures polaires, l’alpiniste avait souffert de graves gelures et perdu ses deux pieds.

« Un défi du destin »

En 1996, ses deux jambes avaient dû être amputées juste en dessous du genou après que les médecins lui eurent découvert un lymphome, une forme de cancer du sang. Tenace, le sexagénaire retourne pourtant au pied de l’Everest en 2014. Mais une avalanche qui coûte la vie à 16 guides sherpas met un terme prématuré à la saison.

Ne se résignant pas, il revient l’année suivante. Mais un violent séisme survient au Népal. Rien que sur l’Everest, 22 personnes perdent la vie, une avalanche s’abattant sur le camp de base.

Lors de sa dernière tentative en date, en 2016, le mauvais temps le force à rebrousser chemin à tout juste 200 mètres du sommet.

« Escalader l’Everest est mon rêve. Je dois le réaliser. Cela représente aussi un défi personnel, un défi du destin », confiait-il le mois dernier à l’AFP qui l’a rencontré à Katmandou. Le seul double amputé à avoir atteint le toit du monde avant lui est le néo-zélandais Mark Inglis, qui a accompli cette prouesse en 2006.