VIDEO. #MeToo: La fondatrice du mouvement veut «passer à l’action»

HARCELEMENT Tarana Burke estime qu'il est temps de « s’organiser » pour fournir les ressources nécessaires à toutes les victimes...

M.C. avec AFP
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Tarana Burke, la fondatrice du mouvement #MeToo, à Los Angeles le 5 mai 2018.
Tarana Burke, la fondatrice du mouvement #MeToo, à Los Angeles le 5 mai 2018. — VALERIE MACON / AFP

« Qu’est-ce qui se passe une fois qu’on a dit #MeToo » ? La fondatrice du mouvement, Tarana Burke, a estimé samedi que le temps était venu pour les victimes d’abus sexuels de passer à l’action et de « s’organiser » pour fournir les ressources nécessaires à toutes les victimes.

« Me Too (moi aussi), ce sont deux mots magiques qui ont galvanisé le monde », a-t-elle commenté lors d’une table ronde à la conférence United State of Women Summit à Los Angeles. « Nous sommes au moment où il faut définir une stratégie. Il faut s’organiser. L’amplification a eu lieu » a eu lieu, a-t-elle ajouté.

« Que ce soit les agressions sur les campus universitaires ou les abus sexuels contre des enfants ou le travail sur le harcèlement sexuel, nous devons passer de la conversation à l’action », a-t-elle ajouté, interrogée par l’AFP, remarquant qu’elle avait elle-même été surprise par l’ampleur du mouvement.

La conversation doit se focaliser sur « les victimes et pas les agresseurs »

Cette militante a commencé à utiliser la formule « Me Too » il y a plus de dix ans, et son mouvement a pris une ampleur internationale, notamment sur les réseaux sociaux, à partir de l’affaire Harvey Weinstein.

« Je ne pensais pas que je verrais un jour une conversation nationale sur les violences sexuelles » et que « ça dure encore aujourd’hui », admet-elle, demandant aussi à ce que la conversation se focalise plus sur « les victimes et pas les agresseurs ».

Tarana Burke estime que le travail doit avoir lieu au niveau individuel où chacun doit participer à l’éducation et à la prise de conscience, comme au Congrès afin de créer des lois protégeant mieux les victimes. Elle a aussi appelé à soutenir lors d’élections les candidats qui « essaient de rendre nos communautés moins vulnérables »,

Les femmes amérindiennes « les plus touchées par les violences sexuelles »

Lors de la même table ronde, la militante Leanne Guy a déclaré que les femmes amérindiennes étaient les plus touchées par les violences sexuelles. « Ca a commencé par la colonisation et ça a continué depuis », a-t-elle ajouté, soulignant que samedi était une journée nationale d’attention au problème de la disparition de femmes amérindiennes, aux Etats-Unis ou ailleurs dans les Amériques, notamment au Mexique.

Des personnalités comme Jane Fonda, la militante et féministe Dolores Huerta, l’ex-conseillère du président Barack Obama Valerie Jarrett se sont succédé sur la scène, appelant les femmes à s’engager pour défendre leurs droits. Plus de 5.000 personnes - essentiellement des femmes - étaient présentes au théâtre Shrine, au sud de Los Angeles, pour cette conférence de deux jours.

Ted Bunch, le fondateur de l’association A Call to Men, a rappelé l’importance de faire intervenir les hommes dans la lutte contre le sexisme. « Je les invite toujours (les hommes) à la table », pas pour les condamner mais pour les faire participer à la réflexion, a-t-il expliqué lors d’une discussion sur le mouvement Time’s Up, fondé par des vedettes comme Reese Witherspoon et Natalie Portman, qui lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles au travail.