Espagne: La «meute» de Pampelune condamnée pour abus sexuels, colère dans le pays

NO ES NO Les juges ont condamné les cinq Espagnols à neuf ans de prison pour « abus sexuel », sans retenir l’accusation de viol sur la Madrilène de 18 ans…

20 Minutes avec agences

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Au rassemblement de protestation contre le jugement de la meute, une femme tient une pancarte
Au rassemblement de protestation contre le jugement de la meute, une femme tient une pancarte — Mariano Cieza Moreno/EFE/SIPA

Les membres de « la meute » reconnus coupables ce jeudi. Les juges ont condamné chacun des cinq Espagnols à neuf ans de prison pour « abus sexuel » sur une Madrilène de 18 ans, aggravé du chef d'« abus de faiblesse ». Ils devront verser 50.000 euros à la victime, qu’ils n’ont plus le droit d’approcher ni de contacter pendant 15 ans.

La jeune femme a subi un viol collectif lors des fêtes de la San Fermin le 7 juillet 2016. Les cinq garçons, originaires de Séville, avaient filmé la scène. Ils avaient été arrêtés le lendemain et inculpés pour agression sexuelle – une catégorie qui comprend les viols dans le droit espagnol.

La qualification de viol pas retenue

Dans leur jugement, les magistrats n’ont pas retenu l’accusation de viol, pour lequel le Code pénal dispose qu’il doit y avoir eu « intimidation » ou « violence ». La condamnation est en conséquence inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait 22 ans et 10 mois de prison pour chacun des prévenus.

Les avocats de la victime et de quatre accusés ont annoncé leur intention de faire appel. La décision a provoqué une grande colère dans le pays. Dans le cadre du mouvement de libération de la parole des femmes, le procès était très suivi. En novembre, le slogan « Yo te creo » (je te crois) s’était répandu sur les réseaux sociaux en soutien à la victime.

Les figures politiques dénoncent un « viol collectif »

« Si ce qu’a fait ''la meute'' n’est pas de la violence en groupe contre une femme sans défense, qu’entend-on alors par viol ? », s’interroge le socialiste et chef de l’opposition Pedro Sanchez sur Twitter. Un rassemblement de protestation était annoncé jeudi soir à Madrid et Barcelone.

La maire de Barcelone Ada Colau a exprimé son soutien à la victime, dans un tweet : « Cela m’indigne qu’après un viol collectif tu doives supporter la violence d’une justice patriarcale ».

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