Espagne: Soupçonnée de vol à l'étalage, la présidente de la région de Madrid démissionne

POLEMIQUE « J’ai supporté pendant plus de 34 jours une exposition permanente, des lynchages aussi, matin, midi et soir », a déclaré Cristina Cifuentes, présidente de la région de Madrid…

20 Minutes avec agences

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Cristina Cifuentes a annoncé sa démission lors d'une conférence de presse à Madrid, ce mercredi.
Cristina Cifuentes a annoncé sa démission lors d'une conférence de presse à Madrid, ce mercredi. — Emilio Naranjo/EFE/SIPA

La vidéo datant de 2011 a été exhumée par le média de droite espagnol Okdiario. Les images montrent Cristina Cifuentes, présidente de la région de Madrid, en train de vider son sac devant le vigile d’un supermarché.

La polémique de trop pour celle qui a été présentée un temps comme l’étoile montante du parti conservateur au pouvoir. Elle a finalement démissionné ce mercredi.

Nouveau coup dur pour le parti de Mariano Rajoy

« Je renonce à être présidente de la région de Madrid, a déclaré la dirigeante de 54 ans, émue, lors d’un point presse. J’ai supporté pendant plus de 34 jours une exposition permanente, des lynchages aussi, matin, midi et soir ».

C’est un nouveau coup dur pour son parti. « Elle a fait ce qu’elle devait faire », a commenté le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, devant des journalistes.

Son master en droit public remis en cause

Le journal de gauche en ligne eldiario.es l’avait d’abord accusée d’avoir obtenu un master en droit public de manière frauduleuse dans une université publique, assurant n’avoir aucune trace de son mémoire de fin d’études ni d’un étudiant l’ayant croisée en cours.

La polémique avait enflé en Espagne quand l’université Rey Juan Carlos elle-même avait admis des irrégularités. Cristina Cifuentes n’avait pas flanché, forte du soutien du chef du gouvernement Mariano Rajoy.

Elle assure avoir emporté « de manière involontaire » ces produits

Mais les rumeurs sur le vol à l’étalage ont eu raison de sa détermination. Cristina Cifuentes a confirmé l’authenticité de l’enregistrement, assurant qu’elle avait emporté « de manière involontaire » des produits cosmétiques d’une valeur de 40 euros et réglé l’affaire sur le champ.

La diffusion de cette vidéo a été durement critiquée par le dirigeant de gauche radicale Pablo Iglesias, qui appelait à sa démission mais a affirmé que « personne ne mérite d’être détruit comme être humain ».

Présentée comme une modérée et une rénovatrice

Le coup est d’autant plus dur pour le Parti populaire (PP) que Cristina Cifuentes était présentée, au-delà même de son camp, comme une modérée et une rénovatrice.

Elle s’enorgueillissait également, ironie du sort, d’avoir pris des mesures contre la corruption, et défendait son accord avec les centristes de Ciudadanos, également engagés dans ce combat.

Ciudadanos attend les élections de 2019

À un an des prochaines élections régionales, les appétits s’aiguisent et le PP, dépassé par Ciudadanos dans les sondages au niveau national, craint de perdre ce fief qu’il dirige depuis 1995.

« Le changement à Madrid ne se fera pas dans les bureaux, il se fera dans les urnes (…) en mai 2019 », a ainsi déclaré le président de Ciudadanos Albert Rivera.

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