Procès de Bill Cosby: Le jury va commencer ses délibérations

ETATS-UNIS L'acteur, rejugé après un premier procès sans verdict, risque jusqu'à 30 ans de prison...

20 Minutes avec AFP
— 
Bill Cosby à sa sortie du tribunal, le 24 avril 2018.
Bill Cosby à sa sortie du tribunal, le 24 avril 2018. — Michael Candelori/Shutt/SIPA

Une « menteuse pathologique », selon la défense, face à un manipulateur, selon l’accusation, ce sont deux visions d’un même dossier, celui du procès de Bill Cosby, qui se sont affrontées mardi lors des plaidoiries. Les délibérations devraient commencer, sauf contretemps, mercredi. L’acteur est accusé d’avoir agressé sexuellement l’ancienne basketteuse professionnelle Andrea Constand à son domicile en janvier 2004, après lui avoir fait avaler un puissant sédatif.

« Vous avez affaire à une menteuse pathologique », a martelé Tom Mesereau, conseil du créateur de la série The Cosby Show, soulignant l’absence de preuve matérielle dans le dossier. Il a notamment accusé Andrea Constand d’avoir volontairement déformé la nature exacte de sa relation avec Bill Cosby, beaucoup plus intime qu’elle ne voulait bien le dire selon lui. L’acteur a reconnu avoir procédé à des attouchements sur elle un soir à son domicile, mais soutient depuis le début qu’il s’agissait d’une relation consentie.

3 millions de dollars versés en 2006

La défense a beaucoup insisté sur le témoignage de Marguerite Jackson, ancienne collègue d’Andrea Constand. Selon cette dernière, la victime présumée s’était vantée auprès d’elle de pouvoir inventer une agression sexuelle pour soutirer de l’argent à Bill Cosby. Pour Tom Mesereau, Andrea Constand est « une arnaqueuse » parvenue à faire chanter un homme riche et puissant. Le conseil a ainsi rappelé l’existence d’un accord amiable conclu en 2006 entre l’acteur et sa victime présumée, qui a reçu plus de 3 millions de dollars de dédommagements. Le matin, la défense s’était également attachée à discréditer le témoignage des cinq autres victimes présumées de Bill Cosby qui ont été auditionnées durant le procès, avant Andrea Constand.

« Il savait ce qu’il faisait »

Mais pour l’accusation, s’il y a bien eu manipulation, elle est le fait de l’acteur, qui a « utilisé » son image de bon père de famille, de mentor, « ce qui lui a permis de gagner la confiance » de femmes sans méfiance. « Elle n’est pas l’escroc. C’est lui », a lancé la représentante du ministère public, Kristen Feden, très combative. En proposant à Andrea Constand de l’alcool et des pilules, contenant un puissant sédatif, il mettait à exécution son « plan parfait ». « Il savait ce qu’il faisait. »

En juin 2017, à l’issue de 52 heures de délibérations, le jury du premier procès de Bill Cosby n’avait pu se prononcer à l’unanimité, entraînant l’annulation du procès.