Allemagne: Selon Angela Merkel, une «autre forme d'antisémitisme» apparaît chez des réfugiés arabes

MISE EN GARDE Un jeune homme portant une kippa a été agressé et frappé à coups de ceinture en pleine rue par un groupe de jeunes la semaine dernière à Berlin…

L.Br. avec AFP

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Angela Merkel à Berlin, le 13 avril 2018.
Angela Merkel à Berlin, le 13 avril 2018. — Markus Schreiber/AP/SIPA

Sujet hautement sensible en Allemagne. Angela Merkel a dénoncé l’émergence d’une « autre forme d’antisémitisme » parmi des réfugiés d’origine arabe dans le pays. La chancelière s’est exprimée dans une interview dimanche à la télévision israélienne.

« Nous avons un nouveau phénomène, dans la mesure où nous avons de nombreux réfugiés parmi lesquels il y a, par exemple, des gens d’origine arabe qui amènent une autre forme d’antisémitisme dans le pays », a affirmé la chancelière à la chaîne privée « 10 ».

Un commissaire chargé de lutter contre l'antisémitisme

Ces propos ont été tenus alors qu’une attaque antisémite présumée mardi à Berlin a suscité une vive émotion en Allemagne. Un jeune homme portant une kippa a été agressé et frappé à coups de ceinture en pleine rue par un groupe de jeunes. Selon le quotidien Bild, l’agresseur présumé principal qui s’est livré à la police est un réfugié syrien ayant vécu dans un centre pour migrants près de Berlin.

Lors de son interview, Angela Merkel a rappelé que le gouvernement allemand avait nommé un commissaire chargé de lutter contre l'antisémitisme. « Le fait qu’aucune crèche, aucune école, aucune synagogue ne peut être laissée sans protection policière nous consterne », a-t-elle dit.

« La sécurité d'Israël faisait partie de la raison d’Etat de l’Allemagne »

La chancelière allemande a par ailleurs réaffirmé « que la sécurité d'Israël faisait partie de la raison d’Etat de l’Allemagne », en raison de la « responsabilité éternelle » de son pays au sujet de la Shoah.

Elle a toutefois rejeté la possibilité que l’Allemagne suive l’exemple des Etats-Unis et transfère son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, comme l’a annoncé le président américain Donald Trump : « Nous devons œuvrer pour une solution à deux Etats et en fonction de cela, le statut de Jérusalem doit être clarifié ».