VIDEO. Corée du Nord: Le monde salue la décision de Kim Jong-un de mettre fin à ses essais nucléaires

MONDE Les Etats-Unis, la Corée du Sud et la Chine ont salué « une très bonne nouvelle », tandis que le Japon affiche sa prudence…

20 Minutes avec AFP

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Conférence de presse du leader de la Corée du Nord Kim Jong-un le 20 avril 2018.
Conférence de presse du leader de la Corée du Nord Kim Jong-un le 20 avril 2018. — Yonhap News/NEWSCOM/SIPA

La Corée du Nord en a fini avec ses essais nucléaires et balistiques. C’est ce qu’a annoncé Kim Jong-un, samedi, en promettant la fermeture prochaine des sites de test. Si Donald Trump salue « une très bonne nouvelle pour le monde », des experts avertissent que l’annonce signifie sans doute que Pyongyang se considère désormais comme une puissance nucléaire. En clair, rien ne dit que le régime soit prêt à rendre son arsenal après avoir passé des années à le développer.

« A partir du 21 avril, la Corée du Nord va cesser ses essais nucléaires et les lancements de missiles balistiques intercontinentaux », écrit l’agence officielle nord-coréenne KCNA., citée dans un premier temps par l’agence sud-coréenne Yonhap. « Le nord va fermer un site d’essais nucléaires dans le nord du pays afin de prouver son engagement à suspendre les essais nucléaires », a ajouté KCNA, citant le dirigeant nord-coréen.

Cette annonce spectaculaire intervient moins d’une semaine avant le sommet prévu entre Pyongyang et Séoul qui préfigure un sommet historique qui devrait avoir lieu entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump, en principe début juin.

« Un Etat nucléaire qui parle »

« Comme le caractère opérationnel des armes nucléaires a été vérifié, il n’est plus nécessaire pour nous de mener des essais nucléaires ou de lancer de missiles à moyenne et longue portée ou ICBM » (missiles balistiques intercontinentaux), a dit Kim Jong-un lors d’une réunion du Comité central de son parti unique au pouvoir en Corée du Nord. « Le site d’essais nucléaires du nord a rempli sa mission », a-t-il ajouté.

« Rien ne suggère que la dénucléarisation sera sur la table la semaine prochaine ou lors du sommet avec Trump. C’est un Etat nucléaire qui parle », estime le géopolitologue Ankit Panda.

Sous la direction de Kim Jong-un, Pyongyang a fait des progrès rapides dans son programme d’armements, objet de multiples sanctions aggravées de la part notamment du Conseil de sécurité de l’ONU, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Corée du Sud. L’année dernière, la Corée du Nord a mené son sixième essai nucléaire, le plus puissant en date, et lancé des missiles capables de toucher le territoire des Etats-Unis.

Félicitations des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de la Chine

Le président américain Donald Trump a immédiatement salué l'annonce de Kim Jong Un, y voyant «une très bonne nouvelle pour la Corée du Nord et le monde». «Grand progrès! Hâte de participer à notre sommet», a-t-il ajouté dans un tweet.

La Corée du sud s’est félicitée ce samedi de la décision de Kim Jong Un : « La décision de la Corée du nord représente un progrès significatif pour la dénucléarisation de la Péninsule coréenne, que le monde attend », a déclaré la présidence sud-coréenne dans un communiqué, saluant « l’environnement très positif pour les sommets à venir entre les deux Corées et entre la Corée du nord et les Etats-Unis », que la décision de Pyongyang « va créer ».

La Chine, principal allié de Pyongyang, a également salué ce samedi l’annonce : « La Chine pense que la décision d’arrêter les essais nucléaires et de se concentrer sur le développement économique ainsi que sur l’amélioration des conditions de vie va aider à apaiser la situation dans la péninsule coréenne et faire avancer le processus de dénucléarisation ainsi que les efforts en vue d’une solution politique », a déclaré Lu Kang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Prudence, voire scepticisme, de Tokyo

En revanche, le Japon -allié des Etats-Unis qui est à portée de tir des missiles nord-coréens et a déjà été survolé à deux reprises en 2017 par ces engins- a salué avec prudence l’engagement de Pyongyang : « Nous saluons (la décision nord-coréenne) comme une initiative d’avenir (…) mais le point important est de savoir si cette décision conduira à l’abandon complet du développement nucléaire et celui des missiles d’une façon vérifiable et irréversible », a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe à la presse. « Nous voulons surveiller cela de près », a-t-il ajouté.

Mais son ministre de la Défense, Itsunori Onodera, avait lui adopté un peu plus tôt une position beaucoup plus tranchée, en déclarant à des journalistes à Washington : « Nous ne pouvons pas être satisfaits », du fait que, selon lui, la Corée du nord n’avait pas mentionné « l’abandon de missiles balistiques de courte et moyenne portée ».

Cité par la télévision japonaise, il a ajouté que le Japon n’allait pas modifier sa politique de pressions sur Pyongyang jusqu’à « l’abandon définitif d’armes de destruction massive, armes nucléaires et missiles ».

Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, également ministre des Finances, a fait part lui aussi de son scepticisme, rappelant que Pyongyang avait dans le passé « fait beaucoup de promesses ». « Nous avons donné de l’argent (à la Corée du nord) à la condition qu’ils abandonnent les sites d’essais, mais ils ont continué », a-t-il ajouté.

«Avancée positive pour l'UE»

L'Union européenne a réagi en fin de matinée ce samedi en saluant «une étape positive, attendue depuis longtemps». 

L'annonce faite par le leader nord-coréen Kim Jong Un marque sa volonté de respecter «ses obligations internationales» et de se conformer notamment aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, a écrit dans un communiqué la représentant de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini.