VIDEO. Cuba: Qui est Miguel Diaz-Canel, le successeur des frères Castro?

PORTRAIT Adoubé par Raul Castro, Miguel Diaz-Canel lui succède à la tête de l'île qui a amorcé de timides réformes économiques...

L.C.

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Miguel Diaz-Canel, nouveau dirigeant cubain, le jour de son élection à l'Assemblée à La Havane, le 18 avril 2018.
Miguel Diaz-Canel, nouveau dirigeant cubain, le jour de son élection à l'Assemblée à La Havane, le 18 avril 2018. — CHINE NOUVELLE/SIP
  • Après un peu moins de 60 ans de castrisme, Cuba est dirigée depuis ce jeudi par Miguel Diaz-Canel.
  • Cet ingénieur en électricité de 57 ans succède à Raul Castro, 86 ans.
  • Va-t-il poursuivre et intensifier les timides réformes amorcées par son prédécesseur ?

Pour la première fois depuis près de soixante ans, ce n’est pas un Castro qui dirige Cuba. Les députés cubains ont élu ce jeudi Miguel Diaz-Canel pour succéder à l’octogénaire Raul Castro, qui avait repris les rênes de l’île caribéenne après la mort de son frère Fidel.

Ancien numéro deux du régime, cet homme de 57 ans arrive à la tête d’un pays encore sous embargo.

Jeans & tablette

Exit l’inusable treillis kaki arboré par les frères Castro. Miguel Diaz-Canel affiche sa préférence pour les jeans, et les costumes si l’occasion l’exige. Contrairement à ses prédécesseurs, il est un civil et non un militaire, même s’il a servi trois ans au sein d’une unité de missiles anti-aériens, entre 1982 et 1985.

Miguel Diaz-Canel cultive un look décontracté, cool, qui date de l’époque où il était premier secrétaire du Parti communiste cubain (PCC) à Villa Clara au début des années 1990 : il portait déjà des jeans, se disait fan des Beatles et avait ouvert un centre culturel.

Un apparatchik

Diplômé d’ingénierie électrique, Miguel Diaz-Canel défend un accès plus large à Internet. Il vient souvent aux réunions avec sa tablette, alors que Cuba est l’un des pays les moins connectés de la planète. Pour autant, va-t-il œuvrer pour que les Cubains accèdent librement à Internet ou instaurer le pluralisme politique ? Dans une vidéo fuitée en 2017 par des opposants, il prônait davantage de censure contre les médias en ligne « apparemment inoffensifs » mais engagés dans une « guerre culturelle » contre le régime.

Miguel Diaz-Canel succède à Raul Castro, tous deux à l'Assemblée cubaine à La Havane, le 19 avril 2018.
Miguel Diaz-Canel succède à Raul Castro, tous deux à l'Assemblée cubaine à La Havane, le 19 avril 2018. - HO / www.cubadebate.cu / AFP

Né en 1960, après la révolution cubaine, cet homme marié et père de deux enfants a déjà une longue carrière au sein du parti unique du régime cubain. Il a gravi les échelons du pouvoir sans trop entrer dans la lumière. Entré au bureau politique du PCC en 2003, il est ensuite ministre de l’Education supérieure de 2009 à 2012 avant d’être nommé vice-président du Conseil des ministres en 2013. A 53 ans, il devient le numéro deux du régime, qu’il représente à l’étranger à de nombreuses occasions.

Rupture ou continuité ?

Un tel CV laisse supposer que malgré sa différence d’âge et de formation avec les frères Castro, Miguel Diaz-Canel ne devrait pas révolutionner l’île. Il lui incombe toutefois de poursuivre les transitions amorcées par Raul Castro, qui a ouvert l’économie au petit entrepreneuriat privé et a orchestré un rapprochement historique avec les Etats-Unis. L’ex-dirigeant ne quitte d’ailleurs pas le paysage puisqu’il conserve ses fonctions de secrétaire général du PCC et de dirigeant de l’armée jusqu’en 2021.

Jusqu’à présent plutôt discret, Miguel Diaz-Canel va devoir prochainement dévoiler ses orientations pour l’avenir de Cuba. « Sera-t-il un réformateur ou restera-t-il dans la continuité ? » s’interroge ce jeudi la journaliste cubaine d'opposition Yoani Sanchez qui observe que les Cubains sont pour l’instant très partagés sur ce sujet. « Il a une opportunité de commencer une page blanche (…) Pour le moment, Miguel Diaz-Canel est une grande inconnue ».