VIDEO. «Il y a un trou dans l'avion»: Les nerfs d'acier de la pilote du vol Southwest

PORTRAIT Ancienne pilote de chasse, Tammie Jo Shults a réussi à atterrir avec un seul moteur et 149 personnes à bord...

P.B. avec AFP

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Tammie Jo Shults dans les années 90, extrait du livre «Military Fly Mom» de Linda Maloney.
Tammie Jo Shults dans les années 90, extrait du livre «Military Fly Mom» de Linda Maloney. — Avec la permission de Linda Maloney

Quand le moteur gauche du Boeing 737 a explosé à 10.000 mètres d’altitude, Marty Martinez qui diffusait une vidéo sur Facebook Live, a bien cru qu’il était en train de vivre « les derniers moments de [son] existence ». L’avion a brutalement perdu de l’altitude, les masques à oxygène sont tombés du plafond et un hublot touché par des débris métalliques a volé en éclats, aspirant le corps d’une passagère – identifiée comme Jennifer Riordan, une mère de deux enfants de 43 ans qui est décédée de ses blessures. Mais au milieu du sang et du chaos, la pilote du vol 1380 de Southwest a conservé son calme, rassuré les 149 personnes à bord et prévenu la tour de contrôle qu’elle allait devoir procéder à un atterrissage d’urgence à Philadelphie. Son nom : Tammie Jo Shults. Cette ancienne pilote de chasse est aujourd’hui célébrée en ligne pour avoir sans doute permis d’éviter un bilan plus lourd.

Alors que l’origine de l’incident moteur reste pour l’instant mystérieuse, le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a annoncé mercredi qu’il enverrait deux experts sur place.

« Il y a un trou et quelqu’un est passé à travers »

« Vol Southwest 1380, nous n’avons qu’un seul moteur (…). Une partie de l’appareil manque, nous allons devoir ralentir », a calmement expliqué Tammie Jo Shults à la tour de contrôle juste après l’explosion, dans un enregistrement diffusé par plusieurs médias américains.

« Nous avons des blessés (…). Ils disent qu’il y a un trou [dans l’avion] et que quelqu’un est passé à travers », a ajouté, toujours dans la retenue, cette femme de 56 ans qui fut parmi les premières à piloter des avions de combat F-18 de la Marine. Southwest, l’une des plus grandes compagnies aériennes américaines, n’a pas confirmé l’identité de la pilote pour l’instant. Tammie Jo Shults a décliné toute interview mais sa belle-mère a confirmé au Washington Post que c’était bien elle qui pilotait l’avion.

« Des nerfs d’acier »

Cindy Foster, une amie de Tammie Shults qui a étudié avec elle à l’université d’Olathe, au Kansas, a raconté au journal Kansas City Star comment cette Texane mariée à un autre pilote de Southwest avait dû lutter dans sa jeunesse pour s’imposer en tant que pilote de chasse : elle a rejoint la Marine après avoir été refusée par l’armée de l’air parce qu’elle était une femme. « Elle savait qu’elle devait travailler plus dur que les autres. Elle avait dit qu’elle ne laisserait personne lui dire qu’elle ne pouvait pas » voler.

Après l’atterrissage d’urgence, la pilote a salué un à un les passagers, selon l’un d’entre eux. Et les hommages à la pilote se sont multipliés sur les réseaux sociaux, beaucoup de passagers envoyant aussi des messages de remerciement à Southwest. « Voilà une vraie héroïne américaine », a écrit la passagère Diana McBride sur Facebook, en remerciant Shults pour son « courage dans cette situation traumatisante ». « Elle a des nerfs d’acier, je vais lui envoyer une carte de Noël, elle a été extraordinaire », a déclaré le passager Alfred Tumlinson à l’agence AP.

D’autres l’ont comparée au pilote Chesley Sullenberger, surnommé « Sully », qui a réussi un atterrissage d’urgence spectaculaire à New York sur la rivière Hudson en janvier 2009, immortalisé en 2016 par le film Sully de Clint Eastwood. Tammie Shults aura-t-elle aussi droit aux honneurs du cinéma ?