Scandale Facebook: Des données collectées par Cambridge Analytica utilisées pendant la campagne sur le Brexit?

SECURITE Le parlement britannique cherche à déterminer dans quelle mesure Cambridge Analytica a pu intervenir, voire peser, sur la campagne pour le référendum sur la sortie de l’UE en 2016…

20 Minutes avec AFP

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Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, en 2013.
Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, en 2013. — Marcio Jose Sanchez/AP/SIPA

Un nouveau scandale est-il sur le point d’éclabousser Facebook (cette fois-ci outre-Manche) ? Une ancienne responsable de la société Cambridge Analytica, au cœur du scandale d’utilisation des données du géant américain, a suggéré ce mardi que des informations personnelles de citoyens britanniques avaient été utilisées abusivement pendant la campagne pour le référendum sur la sortie de l’UE.

Cambridge Analytica (CA) est accusée d’avoir collecté et exploité sans leur consentement les données personnelles de 90 millions d’utilisateurs. La société britannique avait ensuite travaillé pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump.

Au Royaume-Uni, le parlement cherche à déterminer dans quelle mesure CA a pu intervenir, voire peser, sur la campagne pour le référendum sur la sortie de l’UE en 2016.

Des contacts avec des mouvements pro-Brexit

Brittany Kaiser, qui était jusqu’au début de l’année directrice du développement de CA, a affirmé ce mardi que des employés de la société avaient rencontré à plusieurs reprises des représentants du parti europhobe Ukip et de l’organisation Leave. EU, tous deux pro-Brexit, mais aussi du groupe Eldon Insurance, propriété de l’homme d’affaires Arron Banks, soutien financier de l’Ukip et co-fondateur de Leave. EU.

« Je pense maintenant qu’il y a des raisons de croire que l’usage abusif des données était répandu au sein des entreprises et mouvements d’Arron Banks », a-t-elle déclaré à l’occasion d’une audition devant la Commission du numérique, de la culture, des médias et du sport (DCMS) de la chambre des Communes britannique.

« Si les données personnelles de citoyens britanniques (…) ont été utilisées par GoSkippy (filiale de Eldon Insurance) et Eldon Insurance à des fins politiques, comme cela a pu être le cas, il est clair que les gens n’avaient pas opté pour que leurs données soient utilisées de cette manière par Leave. EU », a-t-elle souligné.

CA nie toute implication

Tout en admettant avoir eu des contacts avec des mouvements pro-Brexit, CA affirme « ne pas avoir été impliqué à quelque titre que ce soit » dans le référendum. Son ex-directeur général Alexander Nix, suspendu depuis que le scandale a éclaté, devait être entendu à son tour mercredi par la commission parlementaire mais il s’y refuse désormais, a annoncé cette dernière ce mardi.

« La Commission va le convoquer à une date prochaine », a annoncé son président Damian Collins, qui a dit ne pas accepter les excuses données par Alexander Nix.

Brittany Kaiser a également affirmé que Cambridge Analytica avait utilisé des données de membres de l’Ukip pour établir un modèle permettant d’identifier « les personnes le plus susceptibles de voter » contre le Brexit.

Cette tâche n’a toutefois jamais été payée, ni communiquée à la Commission électorale, a-t-elle dit. « Nous n’avons jamais eu de contrat avec Leave. EU, le contrat était avec l’Ukip pour l’analyse de ces données, mais il était en fait destiné à bénéficier à Leave. EU », a-t-elle déclaré, ajoutant que des responsables de Leave. EU avaient ensuite créé « leur propre Cambridge Analytica », baptisé « Big Data Dolphins », sur la base de propositions fournies par la société.

Réagissant à ces affirmations, Leave. EU a dénoncé une « litanie confuse de mensonges ». « Nous réfutons catégoriquement toutes ses déclarations », a ajouté l’organisation dans un communiqué.

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