Syrie: Après les frappes, rien n'est perdu pour l'Union européenne qui veut rétablir le dialogue

CONFLIT Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont réunis à Luxembourg et ont validé les frappes contre les armes chimiques…

20 Minutes avec AFP

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Federica Mogherini, haute représentante des Affaires étrangères de l'Union européenne, le 16 avril 2018.
Federica Mogherini, haute représentante des Affaires étrangères de l'Union européenne, le 16 avril 2018. — Virginia Mayo/AP/SIPA

Après les frappes françaises, américaines et anglaises la semaine dernière, rien n’est perdu selon l'Union européenne. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis lundi à Luxembourg, ont appuyé « tous les efforts » pour empêcher la Syrie de recourir à des armes chimiques, tout en appelant à relancer le processus politique pour mettre fin au conflit.

Au terme de leurs discussions, les ministres des Affaires étrangères européens ont apporté leur soutien aux Etats-Unis, à Royaume-Uni et à la France après leurs frappes en Syrie.

« Le Conseil estime que les frappes aériennes ciblées ont constitué des mesures spécifiques prises dans le seul but d’empêcher le régime syrien d’utiliser à nouveau des armes chimiques et des substances chimiques comme armes pour tuer des Syriens », indiquent les conclusions de la réunion des ministres. « Le Conseil soutient tous les efforts destinés à prévenir le recours aux armes chimiques », est-il souligné.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian s’est félicité de ces conclusions. « L’UE et les Etats membres nous ont soutenus dans cette volonté de prévenir et de dissuader toute utilisation de l’arme chimique. L’UE est donc unie », a-t-il affirmé avant de quitter la réunion.

Pour le chef de la diplomatie du Luxembourg Jean Asselborn, les frappes occidentales de samedi sur la Syrie sont « une opération unique et elle doit le demeurer ». « Le but de ces frappes a été de montrer qu’il y a une ligne rouge qu’il ne faut pas dépasser », a expliqué son homologue belge Didier Reynders.

Eviter l’escalade, renouer avec la Russie

Toutefois, ces frappes doivent conduire vers plus de dialogue entre les parties prenantes. « Nous soulignons que l’élan de la situation actuelle doit être utilisé pour revigorer le processus visant à trouver une solution politique au conflit syrien », ont insisté les 28 dans leur déclaration. Ce qui ne peut se faire sans Moscou.

« Sans la Russie, il est impossible de résoudre ce conflit », a reconnu le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas. Le mot d’ordre est d’éviter une « escalade » militaire dans la région, a-t-il insisté. « Nous devons reprendre le chemin d’un dialogue politique sur la Syrie avec la Russie et l’Iran (les deux soutiens du régime syrien) », a renchéri Didier Reynders.

Tous les Etats membres en conviennent : l'utilisation d'armes chimiques, dont est accusé le régime syrien, le 7 avril à Douma, près de Damas, est inacceptable et ne devait pas rester impunie.

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