Hongrie: Des dizaines de milliers de Hongrois ont défilé contre la réélection de Viktor Orban

HONGRIE Les manifestants l'accusent notamment d'avoir faussé le vote il y a une semaine... 

20 Minutes avec AFP

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Des dizaines de milliers de Hongrois ont manifesté ce samedi à Budapest.
Des dizaines de milliers de Hongrois ont manifesté ce samedi à Budapest. — ATTILA KISBENEDEK / AFP

Des dizaines de milliers de Hongrois ont manifesté ce samedi à Budapest pour protester contre la réélection du Premier ministre Viktor Orban. Ils l’accusent notamment d’avoir faussé le vote il y a une semaine. Les manifestants étaient au nombre de 100.000, selon les organisateurs.

La foule a défilé dans le centre de la capitale hongroise en direction du Parlement, devant lequel devait avoir lieu une manifestation sous le slogan « Nous sommes la majorité ! ». Beaucoup de manifestants, dont la plupart étaient des jeunes, scandaient « démocratie ! » et brandissaient des drapeaux hongrois et de l’Union européenne. Ils demandent notamment un nouveau comptage des voix et des médias publics pluralistes.

Des pannes informatiques suspectes

L’opposition a notamment relevé des pannes informatiques suspectes au cours du scrutin. « Nous voulons vivre dans un Etat de droit (…) Nous voulons vivre dans une vraie démocratie », a déclaré un des organisateurs de la manifestation, Viktor Gyetvai, un étudiant de 20 ans.

Le Premier ministre conservateur Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, a décroché dimanche dernier un troisième mandat consécutif, son parti Fidesz ayant remporté près de la moitié des suffrages, ce qui devrait lui assurer une majorité des deux tiers au Parlement. Le gouvernement de ce dirigeant de 54 ans est régulièrement accusé de museler les médias en soumettant le service public à un contrôle éditorial étroit et en favorisant l’achat de médias indépendants par des hommes d’affaires alliés du pouvoir.

Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont estimé dans un rapport cette semaine que si les opérations de vote s’étaient déroulées dans des conditions satisfaisantes, la capacité des électeurs à voter en connaissance de cause avait en revanche été entravée par la « rhétorique xénophobe » ambiante et la « partialité des médias ».