Bangladesh: Un ministre de Birmanie visite les camps rohingyas

GENEROSITE Près de 700.000 Rohingyas ont fui la Birmanie depuis août dernier pour échapper à des violences considérées par l’ONU comme une épuration ethnique menée par l’armée...

20 Minutes avec AFP

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L'exode des Rohingyas
L'exode des Rohingyas — 20 minutes - Slideshow

Un ministre du gouvernement birman s’est rendu ce mercredi dans les camps de réfugiés au Bangladesh abritant près d’un million de Rohingyas, première visite de ce type depuis un exode de cette minorité musulmane de Birmanie l’année dernière.

Le ministre des affaires sociales Win Myat Aye s’est entretenu avec une trentaine de responsables communautaires rohingyas à Kutupalong, plus grand camp de réfugiés du monde, situé à la pointe sud du pays à proximité de la frontière birmane.

Un groupe de réfugiés empêché de manifester

Près de 700.000 Rohingyas ont fui la Birmanie depuis août dernier pour échapper à des violences considérées par l’ONU comme une épuration ethnique menée par l’armée.

Les leaders rohingyas ont transmis au ministre un communiqué estimant que la Birmanie n’était « pas sûre » pour leur rapatriement, alors que Dacca et Naypyidaw ont signé un accord en ce sens en novembre mais qui semble au point mort à l’heure actuelle.

« L’armée persécute toujours la population rohingya en Arakan, il y a de nombreuses restrictions pour les Rohingyas qui vivent toujours là-bas », poursuit le texte, en utilisant le nom local de l’État birman du Rakhine (ouest) où réside cette communauté.

Un groupe de réfugiés qui tentait de manifester a été empêché de déployer une bannière listant des revendications, a indiqué Nikaruzzaman, un haut responsable du district d’Ukhia.

Pour une reconnaissance des droits des Rohingyas

Les Rohingyas souhaitent une reconnaissance de leurs droits dans une Birmanie où ils sont considérés comme des immigrés illégaux venus du Bangladesh et des garanties qu’ils pourront retourner dans leurs villages, plutôt que d’être parqués dans des camps.

Syed Ullah, un responsable rohingya qui faisait partie de la délégation qui a rencontré le ministre, a indiqué que le groupe s’était offusqué d’avoir été qualifié par l’officiel birman de « Bangladais ».

« Nous avons montré la carte de vérification nationale de mes parents, qui dit qu’ils sont des Rohingyas qui vivaient en Birmanie. Pourtant le ministre a dit que je suis un Bangladais. C’est complètement illogique », a-t-il déclaré à l’AFP.

Le ministre birman se rendra ensuite dans la capitale Dacca pour deux jours d’entretiens avec des hauts responsables du Bangladesh.

Win Myat Aye est l’un des responsables de la commission mise sur pied par la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi pour superviser le potentiel rapatriement de réfugiés, un programme qui suscite de sérieuses réserves de la part des observateurs.

Si la Birmanie a récemment autorisé quelques centaines de Rohingyas à revenir, aucun d’entre eux n’a encore franchi la frontière et peu d’avancées semblent probables à court terme.

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