Colombie: Arrestation d'un ex-négociateur des Farc soupçonné de trafic de drogue aux Etats-Unis

TRAFIC Seusis Pausivas Hernández, connu sous le nom de Jesus Santrich, est soupçonné d’être impliqué dans l’exportation de dix tonnes de cocaïne aux Etats-Unis…

20 Minutes avec agences
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L'ancien négociateur des Farc, Seusis Pausivas Hernández, est soupçonné d'être impliqué dans un trafic de drogue aux Etats-Unis.
L'ancien négociateur des Farc, Seusis Pausivas Hernández, est soupçonné d'être impliqué dans un trafic de drogue aux Etats-Unis. — Leonardo Muñoz/SIPA

Seusis Pausivas Hernández, l’un des anciens négociateurs de paix de l’ex-guérilla des Farc, a été interpellé lundi en Colombie. Il pourrait être extradé vers les Etats-Unis qui le soupçonnent de trafic de drogue, a annoncé le président Juan Manuel Santos.

Cette nouvelle intervient alors que le chef de l’Etat doit recevoir dimanche 15 avril à Bogota, Donald Trump, qui a critiqué la recrudescence du trafic de drogue en provenance de Colombie depuis la signature, fin 2016, d’un accord de paix historique avec les Farc.

Exportation de dix tonnes de cocaïne

Agé de 51 ans et atteint d’une déficience visuelle, l’ancien négociateur également connu sous le nom de Jesus Santrich, est soupçonné par un tribunal de New York d’être impliqué dans l’exportation de dix tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis. Ces faits ont été commis de juin 2017 à tout récemment.

Le président colombien a précisé qu’il n’hésiterait pas, le moment venu, à autoriser l’extradition de l’intéressé. L’accord de paix, signé fin 2016, prévoit qu’aucun ex-guérillero ne puisse être extradé vers les Etats-Unis pour des délits liés au trafic de drogue. Mais pour des délits commis avant la date de la signature. « C’est le pire moment que traverse le processus de paix », a souligné Ivan Marquez, le négociateur en chef des Farc, qui a dénoncé un « montage juridique ».

Réintégration difficile pour les ex-rebelles

L’annonce de cette arrestation survient alors que le Farc, le parti politique issu de l’ancienne guérilla, a alerté dimanche sur la difficile réinsertion d’une partie des quelque 7.000 ex-guérilleros ayant déposé les armes. Nombre d’entre eux sont confrontés à une « situation de précarité », avec un accès insuffisant à des infrastructures sanitaires et à la sécurité alimentaire.

Par ailleurs, un an et demi après la signature de l’accord,​ 623 militants de l’ex-guérilla sont toujours en prison. Une amnistie avait pourtant été promise aux ex-rebelles, sauf pour ceux impliqués dans les crimes les plus graves. « Sans réintégration à la vie économique, sociale et politique du pays, le processus de paix échouerait », a mis en garde Pablo Catatumbo, dirigeant et futur sénateur du Farc.

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