VIDEO. Allemagne: Que sait-on de l’attaque à la camionnette à Münster?

FAITS DIVERS Une camionnette a foncé dans la foule à Münster, dans le nord-ouest de l’Allemagne. Son conducteur s’est suicidé après avoir fait au moins deux morts…

F.H. avec AFP

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Münster, le 7 avril 2018. - Des policiers patrouillent à Münster, commune du nord-ouest de l'Allemagne, après qu'une voiture a foncé dans la foule et fait au moins quatre morts.
Münster, le 7 avril 2018. - Des policiers patrouillent à Münster, commune du nord-ouest de l'Allemagne, après qu'une voiture a foncé dans la foule et fait au moins quatre morts. — Bernd Thissen / dpa / AFP

Ce samedi après-midi, une camionnette a foncé dans la foule à Münster, ville de 300.000 habitants de Rhénanie du nord-Westphalie, dans le nord-ouest de l’Allemagne. L’auteur présumé des faits est un Allemand de 48 ans qui souffrait de troubles psychologiques selon plusieurs médias allemands.

Que s’est-il passé ?

A 16 h 44, la police de Rhénanie du nord-Westphalie a annoncé via Twitter « des morts et des blessés » après qu’une camionnette a foncé dans la foule à Münster. Les faits se sont produits vers 15 h 30.

Le véhicule aurait percuté les personnes présentes sur les terrasses bondées des cafés et des restaurants de la vieille ville en cette journée ensoleillée.

D’après le journal local Rheinische Post, le quartier de la vieille ville a été entièrement évacué.

Münster en Rhénanie du Nord-Westphalie au nord-ouest de l'Allemagne.
Münster en Rhénanie du Nord-Westphalie au nord-ouest de l'Allemagne. - Maps4News

Combien de victimes ?

Le ministère de l’Intérieur a annoncé peu avant 18h qu’au moins quatre personnes sont mortes à Münster, dont l’auteur présumé. Un bilan ramené à deux morts, plus l’auteur des faits, par Herbert Reul le ministre de l’Intérieur de Rhénanie du nord-Westphalie, dans la soirée

Parmi les clients qui se trouvaient sur des terrasses de café et de restaurant, les autorités locales déplorent au moins « trois morts » et « 20 blessés dont six graves », a indiqué sur place un porte-parole de la police, Andreas Bode.

Sur Twitter, les citoyens ont été appelés par l’hôpital universitaire de Münster à donner leur sang.

Que sait-on du conducteur ?

Il s’agit d'« un Allemand et non d’un réfugié comme on le colporte partout », a souligné le ministre de l’Intérieur. Selon plusieurs médias allemands, l’homme d’environ 48 ans souffrait de troubles psychologiques. Il avait déjà commis une tentative de suicide et avait clamé récemment son intention de recommencer en le faisant de manière spectaculaire, selon des chaînes de télévision.

Selon divers médias, l’homme avait eu un passé de petit délinquant et de trafiquant de drogue. Il était aujourd’hui designer en produits industriels et connaissait des difficultés professionnelles. La chaîne ZDF affirme aussi qu’il avait des liens avec les milieux d’extrême droite et le Spiegel qu’un fusil d’assaut a été découvert dans son appartement de Münster, non loin du lieu du drame.

Les enquêteurs ont aussi trouvé un « objet suspect » dans sa camionnette. Selon le quotidien Die Welt, il s’agit d’un pistolet relié à un fil conduisant sous le tapis de sol. La police redoute un piège à l’explosif et a dépêché des experts en déminage sur place.

Est-ce un attentat ?

Les autorités ont écarté la piste d’un attentat islamiste, comme celui qui avait ensanglanté Berlin en décembre 2016 lorsqu’un demandeur d’asile tunisien avait foncé sur la foule d’un marché de Noël avec un camion. « Rien n’indique pour le moment qu’on ait affaire à des motivations islamistes », a déclaré Herbert Reul. L’enquête va notamment tenter de déterminer si le conducteur a voulu ou non commettre un « meurtre-suicide », autrement dit emporter d’autres personnes avec lui en se donnant la mort.

Un attentat au camion-bélier à Berlin en décembre 2016

Le 19 décembre 2016, un attentat au camion-bélier est revendiqué par l’organisation Etat islamique. Celui-ci a fait 12 morts sur un marché de Noël de la capitale allemande. Son auteur, le Tunisien Anis Amri avait été tué quelques jours plus tard près de Milan.

Ce mode opératoire a également été utilisé lors des attentats de Nice le 14 juillet 2016, de Londres en mars et en juin 2017 ou de Barcelone en août 2017.