Brésil: L'ancien président Lula à quelques heures de la prison

POLITIQUE Le juge anticorruption Sergio Moro a émis jeudi en fin de journée un mandat de dépôt contre Luiz Inacio Lula da Silva...

20 Minutes avec AFP

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L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva, en 2016.
L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva, en 2016. — CHINE NOUVELLE/SIPA

L'ancien président brésilien Lula finira-t-il sa journée en prison ? Un juge lui a en effet laissé jusqu’à ce vendredi après-midi pour se rendre, ce qui compromet sérieusement les chances du favori des sondages pour la présidentielle d’octobre.

Le juge anticorruption Sergio Moro a émis jeudi en fin de journée un mandat de dépôt contre Luiz Inacio Lula da Silva. « Au vu de la fonction qu’il a occupée, il aura la possibilité de se présenter volontairement à la police fédérale de Curitiba (Sud) » avant vendredi 17 heures locales, selon le mandat consulté par l’AFP.

Les partisans de Lula rassemblés

L’ennemi intime de l’ancien chef de l’Etat a également interdit « l’utilisation de menottes dans tous les cas de figure » et a précisé qu’une « salle réservée » a été prévue dans les locaux de la police à l’ancien métallo devenu président, « à l’écart des autres prisonniers sans aucun risque pour son intégrité morale ou physique ».

Peu après l’annonce de l’émission du mandat de dépôt, le Parti des Travailleurs (PT), fondé par Lula dans les années 1980, a annoncé une « mobilisation générale » contre son incarcération.

Ses partisans se rassemblaient en milieu de soirée au siège du syndicat des métallurgistes, à l’extérieur de Sao Paulo, où Lula était attendu.

Une campagne menée derrière les barreaux ?

Lula, 72 ans, a été condamné pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d’une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l’obtention de marchés publics. L’icône de la gauche brésilienne, qui est également sous le coup de six autres procédures judiciaires, nie farouchement, invoquant l’absence de preuves et dénonçant un complot visant à l’empêcher de se présenter à la présidentielle d’octobre, pour laquelle il était donné favori.

Situation ubuesque : Lula peut même faire campagne derrière les barreaux. La loi de « Ficha Limpa » (casier propre) le rend en théorie inéligible au vu de sa condamnation en appel. Mais sa candidature ne sera analysée formellement qu’en septembre par la justice électorale et ses avocats ont l’intention de multiplier les recours d’ici là.

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