Cameroun: Douze otages occidentaux libérés en zone anglophone

CONFLIT Sept Suisses et cinq Italiens avaient été enlevés à Moungo-Ndor alors que le pays est touché par un conflit avec des groupes séparatistes armés anglophones…

20 Minutes avec agences

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Douze touristes ont été libérés par l'armée camerounaise dans une zone anglophone, lundi 2 avril.
Douze touristes ont été libérés par l'armée camerounaise dans une zone anglophone, lundi 2 avril. — AP Photo/AP/SIPA

L’armée camerounaise a libéré lundi 2 avril 12 touristes européens, enlevés à une date indéterminée en zone anglophone du Cameroun, a annoncé ce mercredi Yaoundé. L’opération a eu lieu dans la région du Sud-Ouest.

Les sept Suisses et les cinq Italiens se trouvaient dans le pays avec une organisation appelée « African Adventure Group », a indiqué le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, dans un texte publié dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.

Second enlèvement depuis le début de l’année

Ils ont été enlevés dans la localité de Moungo-Ndor, alors qu’ils se rendaient sur le site de « Twin Lakes », deux lacs situés dans le secteur de Kupe Muanengumba. Le groupe armé Ambazonia Defense Forces (ADF), l’un des principaux groupes armés en zones anglophones, a démenti être à l’origine de l’enlèvement dans des déclarations de son chef, Cho Ayaba.

C’est le second enlèvement recensé d’étrangers dans ces régions depuis début 2018. Mi-mars, deux ingénieurs tunisiens avaient été enlevés et l’un d’eux avait été tué lors d’une opération de l’armée pour les libérer. Par ailleurs, « six conseillers municipaux » ont également été libérés lors d’une autre intervention militaire dans la région du Nord-Ouest, selon le communiqué du ministre. Il affirme aussi que dans de « récents accrochages », « plusieurs dizaines d’assaillants » séparatistes ont été abattus et que « d’importants stocks d’armes et de munitions » et « de fortes quantités de drogue » ont été saisis.

Une profonde crise socio-politique

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest regroupent les habitants anglophones du Cameroun, soit 20 % de la population. Elles sont secouées depuis plus d’un an par une profonde crise socio-politique. Depuis trois mois, la situation sécuritaire s’y est considérablement dégradée. Les groupes séparatistes armés multiplient les actions violentes contre des symboles de l’Etat (attaques de gendarmerie, enlèvements de fonctionnaires, accrochages avec l’armée).

Dans ces deux régions frontalières du Nigeria, où le Cameroun suspecte les séparatistes d’avoir établi leur base arrière, Yaoundé a répondu par la force, déployant un fort dispositif et créant, en février, une nouvelle « région militaire » dans le Nord-Ouest. Mais à mesure que la crise évolue, de nouveaux groupes apparaissent, arborant armes et drapeau de l'« Ambazonie », le nom de l’Etat qu’ils veulent créer.

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