VIDEO. Qui est Nasim Najafi Aghdam, suspectée d'avoir ouvert le feu dans les locaux de YouTube?

ETATS-UNIS La police a identifié la tireuse présumée comme Nasim Najafi Aghdam, 39 ans, originaire de San Diego...

Hélène Sergent
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Une fusillade a éclaté mardi 3 avril dans les locaux de YouTube en Californie.
Une fusillade a éclaté mardi 3 avril dans les locaux de YouTube en Californie. — JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
  • Une femme a blessé par balles trois personnes -dont une très grièvement - mardi au siège de YouTube près de San Francisco.
  • Agée de 39 ans, elle se serait ensuite donné la mort.

« Cette page n’est malheureusement plus disponible. » Sur Facebook ou Instagram, peu de traces subsistent désormais de Nasim Najafi Aghdam. Suspectée d’être à l’origine des tirs qui ont retenti mardi 3 avril dans les locaux de YouTube aux Etats-Unis, la jeune femme âgée de 39 ans et résidant en Californie se serait donné la mort après avoir blessé trois personnes dont deux grièvement. Militante de la cause vegan et originaire d’Iran, elle était particulièrement active en ligne.

Le site Internet de la suspecte en revanche restait accessible aux internautes au lendemain du drame. Si ses motivations font l’objet d’une enquête de police, plusieurs textes et images publiés sur le Web livrent quelques éléments sur ses griefs à l’encontre de la plateforme vidéo.

« Censure » et vidéos « filtrées »

Sur Instagram, Nasim Najafi Aghdam se décrivait comme « athlète », « artiste », « comédienne », « poète », « mannequin », « actrice » ou encore « productrice ». Suivie par plus de 50.000 personnes sur ce réseau, la jeune femme possédait quatre chaînes YouTube (une en anglais, une en farsi ou encore une en turc) et un compte entièrement dédié sur Instagram à la cause animale et vegan. Sous les photographies surannées de la suspecte posant aux côtés d’un lapin ou d’un lion, deux textes font état de la « censure » dont s’estimait victime Nasim Aghdam.


« Soyez vigilants ! Les dictatures existent dans tous les pays mais les tactiques sont différentes (…) Il n’y a pas de liberté d’expression dans ce monde et vous serez étouffés si vous dites une vérité qui n’est pas celle du système. Les vidéos des utilisateurs ciblés sont filtrées et simplement reléguées, de sorte que les gens peuvent à peine voir leurs vidéos ! Il n’y a aucune opportunité de croissance sur YouTube ou n’importe quel autre site de partage de vidéo. Votre chaîne évoluera uniquement s’ils souhaitent la voir se développer !!», peut-on lire sur son site.

Capture d'écran du site de la suspecte présumée de la fusillade qui a éclatée le 3 avril 2018 dans les locaux de YouTube.
Capture d'écran du site de la suspecte présumée de la fusillade qui a éclatée le 3 avril 2018 dans les locaux de YouTube. - http://nasimabc.com

Plus bas, captures d’écran à l’appui, la vidéaste accuse YouTube d’avoir filtré ses chaînes pour diminuer le nombre de vues. Des soupçons qui font écho aux inquiétudes soulevées par plusieurs youtubeurs en septembre 2016. Dissimulées pendant longtemps, les règles fixées par le site pour rémunérer l’auteur d’une vidéo sont désormais notifiées. Le contenu ne doit pas traiter « de sujets et d’événements controversés ou sensibles, tels qu’une guerre, un conflit politique, une catastrophe naturelle ou une tragédie, même si des images choquantes ne sont pas diffusées. » Or il semblerait que Nasim Aghdam postait régulièrement des vidéos violentes sur la souffrance animale.

« Elle était en colère »

Dans une interview accordée dans la nuit de mardi à mercredi aux titres du Bay Area News Group (The Mercury News, East Bay Times…), le père de la quadragénaire a affirmé que sa fille était « en colère » contre YouTube. « Pour moi, les droits des animaux sont aussi importants que les droits de l’Homme » avait-elle déclaré à un journal local lors d’une manifestation organisée par l’association PETA en 2009. Interrogé sur l’arme utilisée mardi, le père de la suspecte a indiqué qu’il ne savait rien sur l’achat par sa fille d’un pistolet.

Arrivée d’Iran en 1996 avec sa famille, Nasim Aghdam aurait rejoint récemment le domicile de sa grand-mère à San Diego indique le journal The Mercury News. Dans cette même interview, le frère de la suspecte a précisé que sa sœur avait disparu depuis samedi 31 mars et qu’elle ne répondait plus au téléphone avant d’être localisée à Mountain View, où se trouvent les locaux de Google. La police de San Bruno en charge de l’enquête devrait tenir une conférence de presse ce mercredi à 9h (heure locale).