Jimmy Carter pourrait rencontrer personnellement le chef du Hamas

POLEMIQUE Les candidats à la Maison Blanche condamnent…

A.Sulzer

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L'ancien président américain Jimmy Carter a salué la campagne "extraordinaire" de Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, dans un entretien publié mercredi dans le Wall Street Journal.
L'ancien président américain Jimmy Carter a salué la campagne "extraordinaire" de Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, dans un entretien publié mercredi dans le Wall Street Journal. — Stan Honda AFP/Archives

Une rencontre entre un ancien président américain et le Hamas? Le quotidien «Washington Post» a repris jeudi, disant la confirmer, une information du journal arabophone «Al-Hayat» sur une rencontre, le mois prochain à Damas, entre Jimmy Carter et Khaled Mechaal, le chef du Hamas en exil en Syrie.
 
Si l'intéressé n'a pas confirmé, il n'a pas infirmé non plus. Et son ancien conseiller à la sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, a affirmé que rencontrer le Hamas - reconnu comme organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne - était «une bonne idée».
 
Jimmy Carter, auteur l'année dernière d'un ouvrage très critique sur Israël, est l'artisan des accords de Camp David de 1978 entre l'Egypte et Israël. L'hypothèse de cette rencontre a provoqué une levée de mise en garde aux Etats-Unis. Le département d'Etat s'est ainsi dit défavorable à ce rendez-vous. «S'il se rend effectivement en Syrie, nous lui fournirons le soutien dû à un ancien président», a souligné le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. Mais «le département d'Etat ne prendra pas part à l'organisation ni à la planification des rendez-vous avec les responsables du Hamas à Damas», a-t-il relevé. «Nous pensons que ce n'est pas dans l'intérêt de notre politique ni dans l'intérêt de la paix d'organiser un tel rendez-vous.»
 
Les candidats n'approuvent pas
 
Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Gordon Johndroe, a affirmé, lui, que «Jimmy Carter part en visite privée» mais que «la politique américaine reste inchangée. Le Hamas est une organisation terroriste. Ils ne peuvent avoir un pied en politique et l'autre dans la terreur».
 
La polémique a rebondi également dans la campagne présidentielle, le candidat républicain John McCain demandant aussitôt à ses adversaires démocrates - issus du même parti que Jimmy Carter - de condamner l'initiative. Ce que les intéressés ont fait. Selon une porte-parole d'Hillary Clinton, la candidate «respecte Jimmy Carter, mais est en désaccord avec sa décision». «Elle ne rencontrera pas le Hamas sans coopération en ce sens avec Israël.» Quant à Barack Obama, qui serait le favori de Jimmy Carter selon un proche de celui-ci, il a lui aussi pris ses distances. Selon son porte-parole, il «n'est pas d'accord» et «il ne soutient pas les négociations avec le Hamas tant que ce mouvement ne renonce pas au terrorisme, ne reconnaît pas le droit d'Israël à exister et ne se soumet pas aux accord passés».