Affaire Stormy Daniels: Témoigner sous serment représenterait un gros risque pour Trump

ETATS-UNIS L'avocat de l'ancienne star du X a déposé une requête pour obtenir une déposition du président américain...

P.B.

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Photomontage de Donald Trump et de l'ex-star du X Stephanie Clifford («Stormy Daniels»), en 2006.
Photomontage de Donald Trump et de l'ex-star du X Stephanie Clifford («Stormy Daniels»), en 2006. — PHOTOS AP/SIPA

Au premier coup d’oeil, le feuilleton mettant en scène une ancienne actrice porno et le président américain semble loin d’être aussi sérieux pour Donald Trump que l’enquête sur la Russie ou une possible obstruction à la justice. Mais mardi, l’avocat de Stormy Daniels a déposé une demande pour faire témoigner le président américain et son avocat. Ce scénario, la Maison Blanche veut l'éviter à tout prix : c’est comme cela qu’avait commencé l’affaire Monica Lewinsky.

L’avocat de Stormy Daniels, Michael Avenatti, qui cherche à faire invalider un accord de confidentialité sur la liaison présumée, au prétexte que Donald Trump ne l’aurait pas signé, a déposé sa requête devant un tribunal fédéral de Los Angeles. Une audience est prévue le 30 avril devant le tribunal californien, et un juge décidera si le président américain peut être entendu ou non.

Possible infraction au financement électoral

Si le juge accorde la requête, Donald Trump devrait répondre sous serment à deux questions centrales : a-t-il eu une liaison avec Stormy Daniels en 2006, comme cette dernière l’affirme, et surtout, était-il au courant du versement de 130.000 dollars effectué par son avocat à l’actrice en échange de son silence, quelques jours avant l’élection présidentielle de 2016 ? Un tel paiement pourrait en effet être considéré comme une contribution de campagne et représenter une infraction, car la loi sur le financement électoral limite les contributions individuelles à 2.700 dollars.

Pour la Maison Blanche, une déposition du président américain pourrait également ouvrir une boîte de Pandore, car l’avocat de Stormy Daniels pourrait lui poser des questions liées à d’autres affaires.

Risque de parjure

L’ex-playmate Karen McDougal affirme, notamment avoir eu une liaison avec Donald Trump et reçu 150.000 dollars de la part d’un tabloïd proche du candidat. Summer Zervos, une ancienne candidate de l’émission de téléréalité The Apprentice, a, elle, attaqué le président américain pour diffamation, et affirme qu’il l’avait caressée et avait tenté de l’embrasser de force en 2007.

Sous serment, tout mensonge exposerait le président américain à des accusations de parjure. C’est en témoignant pendant six heures lors de la plainte de Paula Jones pour harcèlement sexuel que Bill Clinton avait été interrogée sur une stagiaire de la Maison Blanche et avait déclaré : « Je n’ai jamais eu de relations sexuelles avec Monica Lewinsky. Je n’ai jamais eu de liaison avec elle. » Le Chambre des représentants avait dans la foulée validée une procédure d’impeachment, mais l’ancien président américain avait échappé à une destitution car les républicains n’avaient que 55 voix au Sénat, et qu’il faut un vote à la majorité des deux tiers (67 voix).