Attentats dans l'Aude: Le Maroc reproche à la France de ne pas l'avoir prévenu de la radicalisation du terroriste

TERRORISME L'assaillant est né au Maroc en 1992, peu de temps avant de s'installer en France avec sa famille...

L.Br.
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Les forces de l'ordre à Trèbes, le 25 mars 2018.
Les forces de l'ordre à Trèbes, le 25 mars 2018. — Pascal RODRIGUEZ/SIPA

C’est un manque de communication qui agace le Maroc. Depuis Rabat, le responsable des services antiterroristes a déclaré ce mardi que la France aurait dû alerter le Maroc de la radicalisation de Radouane Lakdim, le terroriste responsable des attentats dans l’Aude, qui ont fait quatre victimes.

Alors que les autorités françaises avaient commencé à suivre Radouane Lakdim avant son passage à l’acte, aucun détail de l’enquête n’avait filtré auprès des autorités marocaines.

« Nous n’avons pas été notifiés de la radicalisation de Lakdim », déplore Abdelhak Khiame, directeur du Bureau central des enquêtes judiciaires au Maroc. Cette agence, considérée comme le FBI marocain, a aidé les autorités européennes à identifier les suspects des attaques de Barcelone l’an dernier et de celles de Paris en 2015.

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Le responsable marocain a qualifié cette absence de communication d'« incompréhension » entre les deux pays. « Son pays de naissance aurait dû être prévenu que l’un de ses ressortissants était recherché par la police française », a encore déclaré Abdelhak Khiame. Radouane Lakdim est né au Maroc en 1992, avant de s’installer en France peu de temps après avec sa famille. Il a acquis la nationalité française en 2004. Les autorités françaises n’ont pas répondu à cette déclaration.

Pas de radicalisation dans sa famille

Abdelhak Khiame a confirmé qu’aucun membre de la famille de Lakdim n’avait montré de signe de radicalisation religieuse. « Durant ses vacances au Maroc, Radouane Lakdim n’a jamais soulevé le moindre soupçon de la police locale. »

Tué vendredi lors de l’assaut du GIGN, Radouane Lakdim, petit délinquant radicalisé de Carcassonne, était fiché « S », pour « sûreté de l’Etat », depuis 2014 et inscrit depuis novembre 2015 au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lui avait envoyé en mars une convocation pour mener un « entretien d’évaluation » et décider d’une éventuelle clôture de l’enquête administrative menée à son encontre depuis mai 2013.

Le « suivi effectif » de Radouane Lakdim était « toujours en cours (en mars) mais n’avait pas permis de mettre en évidence des signes précurseurs d’un passage à l’acte », a assuré ce lundi le procureur de Paris François Molins.