VIDEO. Baton Rouge: Pas de poursuites contre les policiers qui avaient tué Alton Sterling

ETATS-UNIS La mort de ce vendeur ambulant noir, en 2016, avait été suivie de nombreuses manifestations...

P.B. avec AFP

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Alton Sterling a été abattu par la police le 5 juillet 2016.
Alton Sterling a été abattu par la police le 5 juillet 2016. — Abduallah Muflahi/Youtube

Quelques mois avant l’élection présidentielle, les tensions raciales en Amérique avaient atteint leur paroxysme cette semaine de juillet 2016. Deux Afro-Américains, Philando Castile dans le Minnesota et Alton Sterling à Baton Rouge, ainsi que cinq policiers à Dallas, avaient été tués. Mardi, les autorités de Louisiane ont rendu leur verdict : les deux officiers poursuivis pour la mort d’Alton Sterling, un vendeur de CD armé abattu après avoir résisté à son arrestation, ne seront pas poursuivis.

Cette décision a été immédiatement dénoncée par la famille d’Alton Sterling, dont la mort à 37 ans dans la ville de Baton Rouge avait déclenché des manifestations dans tous les Etats-Unis. « Cette décision n’a pas été prise à la légère », a affirmé le procureur général de Louisiane, Jeff Landry, en rendant public un rapport de 34 pages exonérant les agents.

Alton Sterling, sur une photo non datée.
Alton Sterling, sur une photo non datée. - HO AFP

« Il a une arme ! »

La victime avait été tuée de plusieurs balles alors qu’elle était maintenue au sol par les policiers, dont seulement l’un a tiré. Le rapport du procureur insiste sur le fait qu’Alton Sterling a résisté à son interpellation et que le père de cinq enfants, qui vendait des CD sur le parking d’un centre commercial, avait un pistolet glissé dans sa poche. Et selon le rapport toxicologique, il avait consommé des stupéfiants.

Après l’avoir plaqué au sol, les agents ont tenté de neutraliser ses mains. Alors que l’un d’eux crient « Il a une arme », on peut voir le bras droit d’Alton Sterling bouger sur une vidéo filmée par un commerçant. Aux Etats-Unis, dans ce genre de situation –quand un suspect armé résiste à une arrestation– les policiers, qui affirment avoir craint pour leur vie, ne sont presque jamais inculpés.

« Vous remettez un meurtrier dans la rue », a accusé mardi la tante de la victime, Sandra Sterling. Le gouvernement de Donald Trump avait de son côté renoncé en mai 2017 à poursuivre les deux policiers.