Etats-Unis: Linda Brown, l'écolière qui a provoqué la fin de la ségrégation scolaire, est morte

ETATS-UNIS Le refus par une école publique du Kansas d'inscrire la jeune fille a débouché sur l'interdiction de la ségrégation raciale dans les écoles américaines...

M.C. avec AFP

— 

Le refus par une école publique du Kansas d'inscrire Linda Brown a débouché sur l'interdiction de la ségrégation raciale dans les écoles des Etats-Unis. (Date et lieu de la photographie inconnus)
Le refus par une école publique du Kansas d'inscrire Linda Brown a débouché sur l'interdiction de la ségrégation raciale dans les écoles des Etats-Unis. (Date et lieu de la photographie inconnus) — AP/SIPA

Son nom était devenu un symbole. Linda Brown, une Noire américaine dont le refus d’inscription par une école publique du Kansas a débouché en 1954 sur l’interdiction de la ségrégation raciale dans les écoles des Etats-Unis, est morte à 76 ans, a rapporté lundi le Topeka Capital-Journal.

>> A lire aussi : «J'aime les hot-dogs mais je n'aime pas la ségrégation»... Les sportifs américains se lèvent contre le racisme

En 1951, Oliver Brown, qui résidait dans la ville de Topeka, avait voulu inscrire sa fille de 9 ans dans une école proche du domicile familial, réservée aux blancs. La petite Linda avait été refusée au prétexte qu’elle était noire et l’écolière avait été forcée de suivre la classe d’une école noire nettement plus éloignée. A l’époque la plupart des Etats du Sud avaient la possibilité de séparer ainsi les élèves noirs et blancs.

Une date phare du mouvement des droits civiques

Le père de Linda Brown avait alors contesté en justice, dans une plainte en nom collectif, cette loi du Kansas qui autorisait les villes de plus de 15.000 habitants à établir des écoles séparées. Cette longue procédure a été soutenue et portée par la NAACP, organisation fondée en 1909 pour défendre la cause des Noirs.

>> A lire aussi : La nouvelle Hermione de «Harry Potter» est noire, et plaît à Rowling

Elle s’est conclue par l’une des victoires les plus emblématiques de la NAACP, également une date phare du mouvement des droits civiques : le 17 mai 1954, la Cour suprême des Etats-Unis a jugé à l’unanimité que cette ségrégation scolaire était contraire à la Constitution.

« Un rayon d’espoir pour le reste du monde »

Cet arrêt historique est connu sous le nom de « Brown v. Board of Education » (Brown contre le Bureau de l’éducation de Topeka). Sherrilyn Ifill, de la NAACP, l’a qualifiée de « décision de la Cour suprême la plus importante du XXe siècle ».

Mais l’arrêt « n’a pas abattu instantanément ni sans douleur les murs qui divisaient tant notre pays. Elle a cependant déverrouillé des barrières », avait noté en 2014 le ministre américain de la Justice, Eric Holder. En 1957, le président Dwight Eisenhower avait dû envoyer l’armée au lycée central de Little Rock, dans l’Arkansas, pour permettre à des élèves noirs d’intégrer l’établissement.

« L’arrêt Brown a fait de l’Amérique un rayon d’espoir pour le reste du monde, il nous a appris que grâce à la loi, nous pouvions mettre fin à un système de caste basé sur la race et oppressif », a réagi pour sa part l’Union américaine pour les libertés civiques (ACLU). « Aujourd’hui nous rendons hommage à Linda Brown et à tous les combats qu’il nous reste à gagner », a-t-elle ajouté.