États-Unis: Un restaurateur propose à ses clients blancs de payer plus cher afin de dénoncer les inégalités

DISCRIMINATION Un plat à 12 dollars pour les noirs contre 30 dollars pour les blancs. C’est l’opération imaginée par un restaurateur américain pour dénoncer les inégalités…

20 Minutes avec agence

— 

Un restaurateur américain a proposé aux clients blancs de payer plus cher que les autres (illustration).
Un restaurateur américain a proposé aux clients blancs de payer plus cher que les autres (illustration). — Pixabay / Skitterphoto

Une addition plus salée pour les clients blancs. C’est ce qu’a proposé le patron de Saartj, un restaurant éphémère installé à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis). Ouvert durant le mois de février dernier, le lieu suggérait à ses clients blancs de payer 18 dollars (soit 14,60 euros) de plus que les clients de couleur, rapporte plusieurs médias américains relayés par Konbini.

>> A lire aussi : Les inégalités sont en hausse partout dans le monde, surtout aux Etats-Unis

Cette expérimentation menée par Tunde Wey, un chef cuisinier d’origine nigériane, visait à sensibiliser sur les inégalités raciales et sur la répartition des richesses à La Nouvelle-Orléans.

Des revenus inférieurs de 54 %

L’activiste a souhaité une expérience aussi spontanée que possible. Il n’a pas fait de publicité pour son restaurant. Un plat unique au déjeuner était vendu au prix standard de 12 dollars (9,75 euros) aux personnes de couleur et au prix suggéré de 30 dollars (24,75 euros) aux personnes blanches.

« La différence de prix représente la différence de revenus entre les foyers blancs et les autres à La Nouvelle-Orléans », explique l’entrepreneur sur son site internet. En 2013, une étude montrait en effet « que le revenu moyen d’un foyer afro-américain à La Nouvelle-Orléans était inférieur de 54 % à celui d’un foyer blanc », rappelle Konbini.

>> A lire aussi : Toulouse: Les étranges critères discriminatoires d'un bailleur social pour attribuer ses logements

78 % des clients blancs ont accepté

Résultat de cette expérience ? Selon Tunde Wey, 78 % de ses clients blancs ont accepté de payer leur repas au prix fort. Mais selon le cuisinier, c’est moins la réflexion que la culpabilité qui a poussé les clients blancs à payer le surcoût.

Le profit réalisé au cours de cette expérience devait être redistribué aux clients noirs. Mais seules six d’entre eux ont accepté la somme, concède le chef cuisinier. « Cela ne va pas changer les disparités de richesse raciales dans la ville. L’objectif était de montrer combien pèsent ces coûts pour les personnes qui ont moins de ressources », a déclaré Tunde Wey au Guardian.

there's a generation of young nigerians my age, more weary than millennial, disconnected in body from the place we were born but we carry it in our chests-- even if we don't admit it. it's why we cloister about each other, and hold on to old slangs from secondary school. it's why we celebrate each other; protect ourselves against the negative stereotypes with codes (handshakes that break into finger snaps and belly laughs at inside jokes that don't require an elaborate backstory or an american accent to deliver). it's why we cook, because the smell of palm oil, crayfish and onions has been painted into the roof of our nostrils. it's why we blink furiously, because the sand from this place which exists in memory and real time is stuck in our eye. it's why we cook-- we all cook: stew, rice, dodo. even meat pie, puff puff, efo. of course jollof, fried rice. but we're also afraid of... nigeria. scared of going back to the sand that is not allegorical. and the sand flies that bite and the mosquitoes that rob. but we'll go back one day-- and melt into it again. into the frustration and champagne and garri with moi moi. in the mean time we cook and talk shit in our voices. our real voices, the ones buried under beige accents and baggy expectations. love to all my nigerians in the diaspora. love to the ones I call and text when everything falls apart. to ife and chuck who shit on my food but support the movement. the only people I cry to and really laugh with cus they're me. nigerians are the best fuck everything else you heard. and come through and eat my food cus it's my life when it tastes good, and it's especially my life when it tastes shit but that's when it's the best! naija no dey carry last 🙌🏾🙌🏾

A post shared by Tunde Wey (@from_lagos) on

Connu pour d’autres expériences de ce type à travers le pays, le cuisinier militant s’installera au mois d’avril prochain à Detroit, dans le Michigan. Dans son restaurant, « le prix, le menu et l’expérience seront à la mesure de vos privilèges », a prévenu Tunde Wey.