Bulgarie: Des avocats véreux fabriquent de faux citoyens européens

CORRUPTION Avec la complicité de auts responsables, des criminels et terroristes obtiendraient frauduleusement la nationalité bulgare, et donc un passeport européen...

20 Minutes avec agence

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Illustration d'un passeport bulgare
Illustration d'un passeport bulgare — AP/SIPA

Des milliers – peut-être même des dizaines de milliers – de personnes auraient obtenu de manière frauduleuse la nationalité bulgare grâce à des avocats et hauts responsables corrompus.

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Ces nouveaux citoyens bulgares, donc européens, pourraient ainsi se déplacer librement au sein de l’Union européenne. Des criminels et des terroristes figureraient parmi les bénéficiaires de cette filière de naturalisation illégale, relate L’Obs.

100 à 200 faux documents par jour

Katia Mateva, cheffe de la Direction de la citoyenneté bulgare au ministère de la Justice, s’était opposée à certaines naturalisations « car rien n’était conforme au droit ». Elle avait fait annuler d’autres procédures « après avoir découvert grâce à Interpol qu’il s’agissait de criminels ». Pour avoir dévoilé l’affaire, la désormais lanceuse d’alerte a été licenciée en octobre dernier.

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Pour obtenir la nationalité bulgare, il faut être majeur, ne jamais avoir été condamné par la justice du pays, et remplir une déclaration de « sentiment d’appartenance à la nation bulgare ». Moyennement un paiement allant de 500 à 3.000 euros, des avocats situés à Sofia (Bulgarie) rédigeraient 100 à 200 déclarations de « sentiment d’appartenance » par jour.

Une injustice pour les demandes légales

Katia Mateva assure avoir averti les plus hauts responsables de la justice et des renseignements ainsi que Boïko Borissov, chef du gouvernement bulgare. Mais rien n’a été fait. « Les naturalisations se font au rythme de 600 à 700 par mois. Cela dure depuis de nombreuses années et cela continue aujourd’hui », déplore la juriste.

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Elle accuse deux membres nationalistes du gouvernement et plusieurs hauts fonctionnaires de faire partie du réseau corrompu. À cause de ce trafic de nationalité, les candidats ayant payé sont quasi-assurés de devenir citoyens bulgares. Tandis que celles et ceux qui répondent réellement aux critères mais refusent la corruption peuvent être recalés, précise-t-elle.