Affaire Skripal: Un juge britannique autorise les prélèvements sanguins sur l'ex-espion russe et sa fille

ESPIONNAGE Sous sédatifs puissants, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia pourraient ne jamais se remettre de cette attaque, selon les médecins...

20 Minutes avec AFP

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Les enquêteurs dans le jardin de Sergueï Skripal, le 22 mars 2018.
Les enquêteurs dans le jardin de Sergueï Skripal, le 22 mars 2018. — Geoff CADDICK / AFP

Un juge britannique a annoncé jeudi avoir autorisé des prélèvements de sang sur l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia pour les transmettre aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Sergueï Skripal et sa fille, victimes d'une attaque à l'agent innervant le 4 mars à Salisbury, restent hospitalisés dans un état « critique mais stable ». Ils demeurent dans l’incapacité de prendre telle décision. C’est pour cela que le juge Williams a estimé qu’il était « respectueux de la loi » d’autoriser ces prélèvements, qui doivent permettre à l’OIAC de procéder à ses propres analyses de la substance utilisée au moment de l’empoisonnement, un agent innervant de la famille «Novitchok», selon le gouvernement britannique.

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Au cours d’une audience au Tribunal de Protection, où sont suivis les dossiers des personnes incapables de prendre des décisions pour elles-mêmes, le juge Williams a estimé qu’il était « dans l’intérêt » de Sergueï et Ioulia Skripal que ces prélèvements soit effectués et transmis à l’OIAC. Le gouvernement britannique avait adressé une demande en ce sens le 20 mars au juge. Le juge a également accepté que des éléments de leurs dossiers médicaux soient transmis aux experts.

Des conséquences sur leurs capacités mentales

Ces prélèvements « seront testés dans les laboratoires internationaux les plus réputés », les résultats devant être connus au mieux « après deux semaines », avait précisé le ministère britannique des Affaires étrangères.

Selon la décision du juge Williams, publiée en ligne, Sergueï et Ioulia Skripal sont toujours « sous sédatifs puissants ». « Les effets à long terme sur leur santé de leur exposition restent incertains, des tests médicaux indiquent que leur capacité mentale pourrait être compromise à un degré inconnu », écrit-il, ajoutant qu'« il n’est pas inconcevable que leur état se détériore rapidement ».

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Nick Bailey, le policier contaminé par le gaz innervant, a lui pu quitter l’hôpital jeudi. Il était l’un des premiers à être intervenus pour secourir Skripal et sa fille effondrés sur un banc dans un centre commercial en plein air de Salisbury. Dans une déclaration lue par son chef, Bailey a qualifié l’affaire de « surréaliste » et affirmé que la vie ne serait « probablement plus jamais la même » pour lui.