Brexit: Un passeport britannique «made in France» pour les Anglais après leur sortie de l'UE

POLEMIQUE Avant ce nouvel appel d'offres, les passeports du Royaume-Uni étaient fabriqués par De La Rue, une entreprise britannique...

20 Minutes avec AFP

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Un passeport britannique datant de 2008.
Un passeport britannique datant de 2008. — LEON NEAL / AFP

En est-on vraiment aux portes de l' « humiliation nationale » ? Les pro-Brexit n’en reviennent pas que les prochains passeports des citoyens britanniques soient fabriqués par une entreprise française.

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En effet, selon le quotidien conservateur The Telegraph, le spécialiste français de la sécurité numérique Gemalto serait sur le point de remporter l’appel d’offres lancé par le gouvernement britannique, devançant De La Rue, une entreprise britannique comme son nom de l’indique pas, qui assurait jusqu’à présent la fabrication des passeports.

« C’est une humiliation nationale »

« C’est une décision surprenante et décevante », a réagi sur la BBC Martin Sutherland, patron de De La Rue. « Quand je pense que nous avons entendu ces dernières semaines des ministres venir joyeusement dans les médias pour parler des passeports bleus et du fait que ce passeport bleu était une icône de l’identité britannique », a-t-il ajouté, en référence au fait que les futurs passeports abandonneraient la couleur bordeaux en vigueur au sein de l’Union européenne pour revenir à leur bleu « emblématique » d’antan.

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« Ce devait être un moment de célébration, le retour de notre emblématique passeport bleu, le rétablissement de l’identité britannique », a déclaré l’ancienne ministre conservatrice Priti Patel dans le tabloïd The Sun. «  Confier cette tâche aux Français est tout simplement stupéfiant. C’est une humiliation nationale », a-t-elle ajouté.

L’affaire suscitait également moult réactions sur les réseaux sociaux via le mot-clef #passportgate.

Officiellement, le nom de l’entreprise non révélé

Un porte-parole du ministère britannique de l’Intérieur a souligné que l’entreprise sélectionnée l’avait été à l’issue d’une compétition « rigoureuse, juste et ouverte », qui permettait d’obtenir « le meilleur rapport qualité/prix pour les contribuables ».

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Il a précisé que la proposition de l’entreprise sélectionnée, qu’il n’a pas voulu nommer, permettait d’économiser 120 millions de livres (137 millions d’euros) d’argent public et que les passeports britanniques ne sont plus forcément tous fabriqués au Royaume-Uni depuis 2009.