Russie: Des médias boycottent le Parlement après un scandale de harcèlement sexuel

#METOO La commission d’éthique du Parlement « n’a pas trouvé de violations des règles de comportement » chez ce député…

20 Minutes avec AFP

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La bâtiment de la Douma, la chambre basse du Parlement russe à Moscou, le 21 mars 2018.
La bâtiment de la Douma, la chambre basse du Parlement russe à Moscou, le 21 mars 2018. — Vasily MAXIMOV / AFP

Des médias russes ont annoncé jeudi qu’ils boycottaient désormais le Parlement russe et retiraient leurs journalistes accrédités pour protester contre la décision d’une commission de disculper un député accusé de harcèlement sexuel.

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Réunie mercredi pour examiner les accusations portées contre Léonid Sloutski par des journalistes femmes, la commission d’éthique de la Douma, la chambre basse du Parlement, « n’a pas trouvé de violations des règles de comportement » chez ce député pro-Kremlin.

La Douma, « un lieu de travail dangereux pour les journalistes »

« Avec cette décision, la commission d’éthique a de facto reconnu comme normale la possibilité de harceler sexuellement les journalistes », a dénoncé sur son site le groupe RBK, annonçant « le retrait de tous ses journalistes qui couvrent les activités de la Douma ». La chaîne de télévision Dojd, proche de l’opposition, a annoncé prendre la même décision, qualifiant dans un communiqué la décision de la commission d'« inacceptable et humiliante ».

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La Douma est « désormais considérée comme un lieu de travail dangereux pour les journalistes des deux sexes (vous ne savez jamais quelles sont les préférences d’un député) », a expliqué la radio indépendante Ekho Moskvy, qui a également retiré ses journalistes de la chambre basse. La radio Govorit Moskva et le site d’information Znak ont emboîté le pas, tout comme la chaîne de télévision RTVI dont la vice-présidente, Ekaterina Kotrikadzé, avait affirmé fin février avoir été harcelée sexuellement par Léonid Sloutski en 2011.

Le premier cas médiatique de scandale de harcèlement sexuel en Russie

« Nous sommes surpris et déçus par la décision de la commission (…) qui a transformé la réunion en procès des victimes », avait déclaré mercredi soir la rédaction du quotidien Kommersant qui a annoncé ne plus couvrir les activités de Léonid Sloutski, hormis celles se rapportant aux accusations de harcèlement sexuel, à l’instar des autres médias, comme le site d’informations Lenta.ru.

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Les accusations portées contre Léonid Sloutski constituaient le premier cas médiatique de scandale de harcèlement sexuel en Russie depuis l’émergence, après l'affaire du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, du mouvement #MeToo. Elles ont incité plusieurs femmes à s’exprimer sur le sujet, dans un pays où les cas de harcèlement sont souvent relativisés ou traités avec ironie.