Israël: Ahed Tamimi, une palestinienne accusée d'avoir frappé des soldats israéliens, condamnée à 8 mois de prison

PROCES La Palestinienne de 16 ans était devenue un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne…

Manon Aublanc avec AFP

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Ahed Tamimi, 16 ans, devant le tribunal militaire, le 1er janvier 2018.
Ahed Tamimi, 16 ans, devant le tribunal militaire, le 1er janvier 2018. — AFP

Ahed Tamimi, l’adolescente palestinienne jugée pour avoir frappé des soldats israéliens en Cisjordanie occupée, a été condamnée mercredi à huit mois de prison par un tribunal militaire israélien après un accord de « plaider coupable ».

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Ahed Tamimi, 17 ans et considérée comme une icône de la lutte contre l’occupation israélienne par les Palestiniens, sera libérée cet été, la peine incluant les mois qu'elle a passé en détention provisoire pour l'incident survenu en décembre 2017, a décidé la cour. La jeune femme a accepté de plaider coupable pour quatre des 12 charges retenues contre elle, dont « agression », « incitation » à la violence et « obstruction » à la mission des soldats, selon son avocate, Me Gaby Lasky.

Le tribunal militaire « illégitime », selon la jeune fille

La jeune fille de 17 ans est, avec sa mère Narimane et sa cousine Nour, l’une des protagonistes d’une vidéo tournée le 15 décembre et devenue virale sur les réseaux sociaux. Mercredi, avant le prononcé du jugement, Ahed Tamimi a qualifié le tribunal militaire « d’illégitime », ajoutant : « il n’y a pas de justice dans un système d’occupation ».

La mère de l’adolescente a elle aussi été condamnée à huit mois de prison et 6.000 shekels (1.400 euros) d’amende, en vertu d’un accord avec le procureur. La cour a aussi approuvé un accord entre le procureur et la cousine d’Ahed Tamimi, Nour. Celle-ci a été condamnée à 16 jours de prison - déjà couverts par sa détention préventive - et 2.000 shekels (470 euros) d’amende pour « agression » contre un soldat israélien.

Une vidéo de la jeune fille avait déjà fait le tour du monde en 2012

Sur la vidéo, on la voit frapper des soldats israéliens en Cisjordanie occupée. Les soldats demeurent impassibles face à ce qui semble relever davantage de la provocation que de la volonté de faire mal.

En 2012 déjà, la fillette s’était distinguée en brandissant le poing sous le nez de soldats israéliens, des images qui avaient fait le tour du monde et qui lui avaient valu d’être reçue par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc. Son père Bassem, souvent à la tête de manifestations contre les colons israéliens, a été emprisonné plusieurs années par Israël.