Affaire Cambridge Analytica: Mark Zuckerberg va devoir s'expliquer devant le régulateur britannique

JUSTICE Le patron de Facebook est appelé à comparaître devant une commission parlementaire britannique…

20 Minutes avec AFP

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Mark Zuckerberg, patron de Facebook, le 30 avril 2014 à San Francisco.
Mark Zuckerberg, patron de Facebook, le 30 avril 2014 à San Francisco. — Ben Margot/AP/SIPA
  • Facebook aurait permis à Cambridge Analytica, une société privée, de récupérer via un test psychologique des données personnelles de 50 millions d’utilisateurs.
  • Cette entreprise, qui a travaillé sur la campagne de Donald Trump, est spécialisée dans la communication stratégique.
  • Depuis ces révélations, Facebook a dégringolé en Bourse. Le régulateur britannique de l’information a lancé une enquête sur cette affaire et veut maintenant entendre Mark Zuckerberg.

Le régulateur britannique chargé de la protection des données privées a réclamé mardi l’autorisation de fouiller les bureaux de la société Cambridge Analytica. Celle-ci est accusée d’avoir illégalement acquis des données d’utilisateurs de Facebook, dont le patron Mark Zuckerberg est désormais appelé à comparaître devant une commission parlementaire.

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« Nous demandons un mandat afin que, en tant qu’organisme de réglementation, nous puissions fouiller les serveurs, effectuer une vérification des données », a expliqué mardi sur BBC Radio 4 Elizabeth Denham, à la tête de l’Information Commissionner’s Office (ICO), autorité indépendante chargée de réguler le secteur et de protéger les données personnelles.

Facebook avait commencé sa propre enquête sur Cambridge Analytica

Le régulateur britannique a affirmé qu’il avait demandé dès le 7 mars à Cambridge Analytica d’accéder à ses dossiers et données mais n’avoir pas obtenu de réponse « dans les délais impartis ». D’où la demande de mandat pour enquêter. Elizabeth Denham a également précisé avoir demandé et obtenu du réseau social Facebook qu’il arrête sa propre enquête sur Cambridge Analytica car elle pouvait potentiellement compromettre celle du régulateur. L’ICO veut savoir « s’il y avait ou non un consentement suffisant » des utilisateurs de Facebook «pour partager leurs données avec l'application».

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Une commission parlementaire britannique a par ailleurs demandé mardi au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de comparaître devant elle, estimant que ses explications officielles jusqu’ici « ont constamment sous-estimé le risque » d'acquisition de données personnelles d'utilisateurs sans leur consentement et se sont ont avérées « trompeuses ». Cambridge Analytica (CA) a « nié fermement » avoir récupéré sans leur consentement les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump.

De l’argent ou des prostituées pour les candidats

Des dirigeants de CA sont également accusés d’avoir voulu piéger des hommes politiques en tentant de les corrompre ou avec l’aide de prostituées. La chaîne de télévision Channel 4 News a diffusé lundi soir une enquête dans laquelle le directeur général de CA, Alexander Nix, apparaît en caméra cachée. Interrogé par un reporter qui se fait passer pour l’intermédiaire d’un riche Sri Lankais qui souhaite voir des candidats élus, Alexander Nix suggère des techniques pour mettre en difficulté un rival politique.

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Ainsi, offrir « une grosse somme d’argent au candidat pour financer sa campagne en échange de terrains par exemple, nous aurons tout enregistré et nous effacerons le visage de notre type et posterons la vidéo sur Internet », ou encore « envoyer des filles autour de la maison du candidat ». « Nous pourrions amener des Ukrainiennes en vacances avec nous, vous voyez ce que je veux dire », dit-il, ajoutant que les Ukrainiennes « sont très belles, je trouve que ça marche très bien ». Alexander Nix a démenti avoir tenté de piéger des hommes politiques. Dans un communiqué, CA a estimé que le reportage avait été « édité et scénarisé pour déformer grossièrement la nature de ces conversations et la manière dont l’entreprise gère ses affaires ».