Affaire Skripal: Un scientifique russe affirme avoir participé au programme «Novitchok»

POISON Ce scientifique se présente comme l'un des concepteurs du programme «Novitchok», un système d'armes chimiques russes...

20 Minutes avec AFP

— 

La police récupère pour analyses la voiture qui a servi à conduire Ioulia, la fille de l'ex-espion russe empoisonné, depuis l'aéroport.
La police récupère pour analyses la voiture qui a servi à conduire Ioulia, la fille de l'ex-espion russe empoisonné, depuis l'aéroport. — Adam Gerrard/MIRRORPIX/SIPA

C’est un témoignage qui ne va pas aider Moscou. Un scientifique russe cité ce mardi par l’agence d’Etat russe Ria-Novosti raconte avoir travaillé à la conception des agents chimiques Novitchok, mis en cause dans l’empoisonnement de Sergueï Skripal, semblant contredire la position de Moscou selon laquelle ce programme n’a pas existé.

>> A lire aussi : VIDEO. Ex-espion russe empoisonné. Londres, Berlin, Paris et Washington accusent la Russie dans un communiqué commun

« Le Novitchok n’est pas une substance, c’est tout un système d’armes chimiques », explique Leonid Rink dans un entretien accordé à Ria-Novosti, qui le présente comme l’un des concepteurs de ce programme. L’agent innervant Novitchok a été désigné par Londres comme l’origine de l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille le 4 mars en Angleterre.

« Ils sont toujours vivants. Cela signifie que soit ce n’était pas le système Novitchok du tout, soit il était préparé négligemment », assure Leonid Rink. L’existence de ce programme et sa formule chimique ont été révélés par le chimiste russe aujourd’hui réfugié aux Etats-Unis Vil Mirzaïanov, selon qui ces agents à l’efficacité redoutable ont été mis au point dans les années 1980 par des scientifiques soviétiques.

Accessible pour n’importe quel état

Après les accusations de Londres, Moscou a démenti l’existence de tout programme de développement d’armes chimiques du nom de Novitchok ni du temps de l’URSS, ni en Russie. « Un grand groupe de spécialistes développait le Novitchok à Moscou et à Chikhany : des techniciens, des toxicologues, des biochimistes. (…) Nous sommes parvenus à un très bon résultat », raconte cependant Leonid Rink à Ria-Novosti.

Leonid Rink affirme toutefois ne pas croire que la Russie soit derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal, hospitalisé dans un état critique, car elle sait que l’utilisation même du Novitchok permettrait de remonter jusqu’à elle. Selon le chimiste, la technologie du Novitchok est accessible « pour n’importe quel Etat développé » ou grande compagnie pharmaceutique. « Développer une telle arme ne présente aucun problème », affirme-t-il.