Affaire Scripal: Le Royaume-Uni accuse personnellement Vladimir Poutine

DIPLOMATIE Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a expliqué que Londres en voulait au « Kremlin de Poutine » et pas à la Russie, après l'affaire de l'ex-espion russe empoisonné…

20 Minutes avec AFP
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Poutine n'a pas demandé au roi Salman de construire une église orthodoxe en Arabie Saoudite.
Poutine n'a pas demandé au roi Salman de construire une église orthodoxe en Arabie Saoudite. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

Escalade dans la crise diplomatique. Le Royaume-Uni a provoqué vendredi la colère de la Russie en jugeant « extrêmement probable » que le président Vladimir Poutine ait personnellement « ordonné » l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal, une accusation qualifiée d'« impardonnable » par le Kremlin.

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La confrontation entre les Occidentaux et Moscou s’est encore durcie à deux jours de l’élection présidentielle russe, que Vladimir Poutine s’apprête à remporter pour un quatrième mandat qui le maintiendra à la tête de la Russie jusqu’en 2024.

« Dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe »

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a assuré que Londres en voulait au « Kremlin de Poutine » et non à la Russie pour l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, petite ville du sud de l’Angleterre.

« Nous pensons qu’il est extrêmement probable qu’il s’agisse de sa décision d’ordonner l’utilisation d’un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », a-t-il déclaré, au côté de son homologue polonais Jacek Czaputowicz.

« Grossière provocation »

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a aussitôt réagi. Dans cette affaire, « toute mention ou référence à notre président n’est rien d’autre que choquant et impardonnable », a-t-il dit.

L’ambassadeur de Russie à Londres, Alexandre Iakovenko, a lui déclaré que la réaction de Londres à l’affaire de l’empoisonnement était « une grossière provocation ». Dans une interview à la chaîne de télévision Channel 4, le diplomate a dénoncé l’enquête britannique, « non transparente et secrète », ajoutant qu’il n’y avait « aucune preuve » que Sergueï Skripal soit gravement malade.

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Le ton ne cesse de monter entre Moscou et Londres, soutenus par ses principaux alliés occidentaux, depuis que Sergueï Skripal, 66 ans, qui vit en Grande-Bretagne, et sa fille Ioulia, 33 ans, citoyenne russe, ont été victimes d’une attaque avec un agent innervant militaire de conception russe selon les autorités britanniques. Ils sont toujours hospitalisés dans un état « critique ».

Représailles diplomatiques

Theresa May a annoncé l’expulsion de 23 diplomates russes, une mesure inédite depuis la fin de la Guerre froide, et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie.

La riposte de Moscou, qui nie toute implication dans l’empoisonnement, doit arriver « d’une minute à l’autre », a déclaré le porte-parole du Kremlin, ajoutant que ces mesures de représailles seraient « mûrement réfléchies » et « totalement conformes aux intérêts » de la Russie.

En déplacement à Astana, la capitale du Kazakhstan, pour une réunion sur la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confirmé que Moscou expulserait de son territoire des diplomates britanniques « sur un principe d’égalité ».