Washington sanctionne la Russie pour «interférence avec l'élection et cyberattaques»

REPRESAILLES Moscou dément et promet de riposter...

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés, le 7 juillet 2017, en marge du G20 à Hambourg (Allemagne).
Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés, le 7 juillet 2017, en marge du G20 à Hambourg (Allemagne). — Evan Vucci/AP/SIPA

Après les tergiversations, l’action. Les Etats-Unis ont annoncé jeudi une série de sanctions contre des individus et des entités russes en réponse à l’ingérence de Moscou dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et à plusieurs cyberattaques. Le Congrès avait voté à la quasi-unanimité, mais Donald Trump n’avait jusqu’à présent pas autorisé ces mesures, principalement financières, qui visent 19 individus et cinq entités parmi lesquelles le FSB (services de renseignement intérieurs) et le GRU (services secrets de l’armée russe).

L’annonce intervient dans un climat particulièrement tendu entre les pays occidentaux et la Russie, accusée d’être responsable de l’empoisonnement en Angleterre de l’ex-espion russe Sergueï Skripal.

Moscou promet « des mesures de représailles »

Moscou, qui a toujours contesté toute ingérence, a immédiatement promis, par la voix du vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, « des mesures de représailles ». Ce dernier a estimé que les sanctions américaines étaient liées à l’approche de l’élection présidentielle russe, prévue dimanche, dont Vladimir Poutine est le grand favori.

Les sanctions se traduisent en particulier par le gel des avoirs des personnes concernées et par l’interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles. Elles sont aussi une réponse à plusieurs cyberattaques attribuées par les Etats-Unis à la Russie, y compris une tentative de pénétrer le système de distribution énergétique, a indiqué un responsable américain.

Selon les services de renseignement américains, le pouvoir russe a mené une opération concertée et planifiée pour influencer l’élection présidentielle en faveur du milliardaire républicain, notamment à travers l’utilisation des réseaux sociaux et la diffusion de « fausses nouvelles ». L’impact sur le résultat de l’élection est par définition extrêmement difficile à évaluer.

Dégât du rançongiciel NotPetya

Dénonçant les « activités déstabilisatrices » de la Russie, le Trésor américain pointe une nouvelle fois la responsabilité russe dans la cyberattaque NotPetya en juin 2017. Démarrée en Ukraine et en Russie avant de se propager au monde entier, l’attaque au rançongiciel a contaminé des milliers d’ordinateurs. Elle a notamment perturbé des multinationales et des infrastructures critiques, comme les contrôles sur le site de l’accident nucléaire de Tchernobyl et les ports de Bombay et d’Amsterdam. Cette cyberattaque, « l’une des plus destructrices et coûteuses de l’histoire », a touché « plusieurs hôpitaux aux Etats-Unis » qui n’ont pu générer de données électroniques « pendant plus d’une semaine », a précisé jeudi le Trésor.