Migrants: La lutte contre les réseaux de trafiquants au cœur d’une conférence au Niger ce vendredi

IMMIGRATION ILLEGALE Les ministres français de l’Intérieur Gérard Collomb et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian participeront ce vendredi à une réunion organisée à Niamey (Niger)…

20 Minutes avec AFP

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Des migrants sur une embarcation en bois au nord de la Libye lors d'une opération de sauvetage de SOS Méditerranée et MSF le 29 août 2017.
Des migrants sur une embarcation en bois au nord de la Libye lors d'une opération de sauvetage de SOS Méditerranée et MSF le 29 août 2017. — Darko Bandic/AP/SIPA

S’attaquer « en amont » au phénomène de l’immigration illégale avec des mesures de coopération « opérationnelles ». C’est l’enjeu de la réunion consacrée ce vendredi à Niamey ( Niger) à la lutte contre les réseaux de trafiquants de migrants.

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En visite depuis mercredi en Algérie, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb y retrouvera son collègue des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avec les représentants de plusieurs pays africains (Tchad, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Côte d’Ivoire, Guinée, Sénégal et Libye) mais également européens.

Le Niger, étape clé avant le désert libyen

Les Européens cherchent de longue date comment couper les routes de l’immigration illégale transitant par la Méditerranée. Les traversées entre la Libye et l’Italie ont déjà chuté d’un tiers entre 2016 et 2017. Mais « c’est en amont » qu’il faut s’attaquer au dossier, note-t-on à Beauvau, en soulignant qu’aujourd’hui les flux sont largement constitués de migrants originaires du Nigeria, de Guinée ou de Côte d’Ivoire notamment, qui « ne sont pas persécutés » mais « cherchent un cadre économique moins hostile ».

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Sur cette route, le Niger joue un rôle clé, puisqu’il représente la dernière étape avant le désert libyen. Mais les pays de transit et d’origine ont leur rôle à jouer et « la conférence a vocation à être opérationnelle » en permettant « de développer des outils contre les réseaux », explique-t-on à l’Intérieur.

« Equipes conjointes » d’investigation

Problème : cela demande une expertise « que ces pays n’ont pas ». D’où l’idée de mettre en place des « équipes conjointes » d’investigation avec les Africains, de mieux former les forces de l’ordre sur place et d’arriver à une meilleure coopération régionale.

En novembre, un sommet UE-Union africaine à Abidjan avait déjà décidé d'«une coopération étroite» avec une « task force » opérationnelle, associant leurs services de police et de renseignement pour démanteler les réseaux.

La conférence sera également l’occasion d’appeler les pays africains à mieux coopérer pour « reprendre » leurs ressortissants déboutés, en émettant plus facilement les « laissez-passer consulaires » nécessaires à leur retour. Un point crucial pour le gouvernement français, qui veut augmenter les expulsions d’étrangers en situation irrégulière. « La France peut répondre aux demandes d’appui stratégique mais cela suppose une coopération » côté africain, souligne-t-on à l’Intérieur, en rappelant la logique de « pacte migratoire » initiée en 2015 lors du sommet de La Vallette.

Flou autour du processus de réinstallation

Car avec des représentants des ministères de l’Intérieur allemand, italien et espagnol, la conférence aura aussi une dimension européenne. En matière d’accueil des réfugiés, la France s’est engagée à « réinstaller » (c’est-à-dire aller chercher) 10.000 personnes dont 3.000 via le Niger et le Tchad, mais les autres pays européens restent très discrets sur leurs engagements.

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Ce processus de réinstallation - qui a aussi permis d’exfiltrer des réfugiés de Libye - avait été initié fin août à Paris lors d’un sommet UE-Afrique. Les chefs d’Etat africains avaient alors insisté sur le fait que la question de l’immigration ne serait « résolue que par le développement ».

Durcissement des conditions d’accueil des étrangers

Ce déplacement intervient alors que Gérard Collomb a présenté un projet de loi controversé durcissant les conditions d'accueil des étrangers et l’octroi du droit d’asile. L’Assemblée doit prochainement se pencher sur le texte. Huit parlementaires seront d’ailleurs du voyage.

Le ministre de l’Intérieur ira également à Agadez, dans le centre du Niger, « longtemps point de passage principal des routes migratoires irrégulières vers la Libye ». Il y rencontrera la mission de police de l’UE « Eucap Sahel Niger » et l’Organisation internationale des migrations (OIM).