Un scientifique spécialisé dissèque un rat dans le centre du Nigeria, après la propagation d'un foyer de fièvre de Lassa.
Un scientifique spécialisé dissèque un rat dans le centre du Nigeria, après la propagation d'un foyer de fièvre de Lassa. — Mike Blyth/Flickr

SANTÉ

Nigeria: La fièvre de Lassa continue de prendre de l'ampleur

350 cas de fièvre de Lassa ont déjà été déclarés cette année, contre seulement 143 en 2017…

La fièvre de Lassa envahit le Nigeria. Plus de 150 personnes ont déjà été admises à l’Institut spécialisé d’Irrua, au sud du pays, après avoir contracté cette fièvre hémorragique.

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Personne, ni les autorités nigérianes, ni les scientifiques, ne s’attendait à une telle propagation. Le virus a déjà fait 110 morts depuis le début de l’année 2018 sur 353 cas confirmés, contre 143 sur l’ensemble de 2017.

Un hôpital pour tout le pays

« Nous avons une trentaine de patients actuellement », explique le directeur de l’Institut. « Jamais nous n’avions eu un tel nombre ». Le gouvernement de l’État d’Edo, qui enregistre le plus grand nombre de cas, a dû acheter en urgence des machines de dialyse et du matériel de protection, face à la lenteur du ministère de la Santé.

Irrua, petite commune rurale, est à la pointe de ce qui se fait en Afrique de l’Ouest. Cet hôpital est le seul, dans un pays de 190 millions d’habitants, à pouvoir soigner et diagnostiquer cette fièvre hémorragique peu connue, découverte en 1969. Avant la construction de l’Institut en 2008, les échantillons de sang étaient envoyés en Afrique du Sud. Mais « quand les résultats arrivaient, il était déjà trop tard », explique le directeur.

Une accélération incompréhensible

Aujourd’hui, des 4x4 arrivent de tout le pays avec des échantillons qui sont analysés dans un laboratoire climatisé. Si la maladie est diagnostiquée, les patients sont évacués dans les 24 heures à Irrua par ambulance. Pour l’instant, une dizaine d’employés nigérians et une poignée de médecins européens spécialisés en maladies tropicales tentent de réguler l’épidémie.

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Mais tant que les statistiques finales n’ont pas été étudiées, « on ne sait pas pourquoi nous faisons face à une telle accélération », reconnaît le directeur du Centre national de contrôle des épidémies (NCDC). « Est-ce qu’il y a eu une modification de l’environnement ? Ou est-ce que les campagnes de prévention et de détection des patients sont plus efficaces et que la maladie est davantage diagnostiquée ? ».

Une maladie peu connue

Les symptômes de la fièvre de Lassa, endémique à quelques foyers en Afrique de l’Ouest (Nigeria, Guinée, Liberia et Sierra Leone) sont difficilement identifiables. La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), mise en place après l’épidémie d’Ebola en 2017, a débloqué début mars plus millions d’euros pour tenter de trouver un vaccin.

On connaît seulement le mode de transmission de la fièvre : les sécrétions de rongeurs. Contrairement à Ebola, les risques de contagion entre humains sont limités. Mais cette année, les professionnels ne veulent prendre aucun risque, car le virus pourrait avoir muté.