Syrie: François Hollande estime que les Occidentaux ne font pas assez pression sur Moscou et Ankara

DIPLOMATIE « C’est la Russie qui est la puissance principale (en Syrie) et le risque est sérieux d’une escalade si aucune limite ne lui est fixée », déclare François Hollande…

20 Minutes avec AFP

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L'ancien président de la République François Hollande
L'ancien président de la République François Hollande — UGO AMEZ/SIPA

François Hollande estime que l’Otan et les pays européens doivent faire davantage pression sur la Russie, y compris par la « menace », et sur la Turquie pour obtenir l’arrêt des offensives dans la Ghouta orientale et l’enclave kurde d’Afrine en Syrie.

« C’est la Russie qui est la puissance principale (en Syrie) et le risque est sérieux d’une escalade si aucune limite ne lui est fixée », déclare François Hollande dans une interview au quotidien Le Monde publiée ce lundi.

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« On doit parler à Vladimir Poutine (…) Mais ce n’est pas une raison pour la laisser (la Russie) avancer ses pions sans réagir. La position de Donald Trump n’est ni claire ni prévisible, c’est donc à la France, à l’Europe, à l’Otan de se mettre en mouvement », martèle François Hollande qui critique au passage la ligne diplomatique de son successeur Emmanuel Macron.

Faire pression sur « la question du pétrole et du gaz »

« La Russie se réarme depuis plusieurs années, et si elle est menaçante, elle doit être menacée », poursuit l’ancien président socialiste (2007-2012), qui était en fonction au début du conflit syrien en 2011.

Selon François Hollande, les Occidentaux peuvent faire pression sur « les sanctions, les règles commerciales, la question du pétrole et du gaz ».

« Je ne veux pas compliquer un jeu qui l’est déjà beaucoup. Mais je pense que les puissances démocratiques - j’insiste sur ce mot, démocratiques - doivent prendre conscience de leur responsabilité, de ce que peuvent être leur influence et leur rôle », insiste-t-il.

Un certain laisser-faire des Occidentaux face à Ankara

L’ancien chef de l’Etat dénonce aussi l’opération de la Turquie, pays membre de l’Otan, contre les Kurdes syriens, qui ont été alliés des Etats-Unis et des Européens dans le combat contre le groupe de l'Etat islamique (EI) en Syrie, et critique un certain laisser-faire des Occidentaux face à Ankara.

« Si j’ai soutenu les Kurdes dans le cadre de la coalition (internationale sous commandement américain), ce n’est pas pour les laisser dans la situation où ils sont », assène-t-il.

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« Si j’ai été aussi dur sur le régime de Bachar al-Assad, et je l’ai été avec constance, ce n’est pas pour le laisser liquider son opposition et massacrer son peuple », ajoute-t-il.

Emmanuel Macron répond à François Hollande

A la différence de son prédécesseur, Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar al-Assad un préalable à la recherche d’une solution politique en Syrie.

L’actuel chef de l’Etat, interrogé sur les propos de son prédécesseur, a estimé qu'« il y a dans le cadre de la vie démocratique des commentaires, et chacun prend ses responsabilités. Au cours de son voyage en Inde, Emmanuel Macron a affirmé que « la France a depuis le mois de mai dernier (date de son élection) une politique constante et cohérente, sans connivence mais en cherchant à être efficace, donc en restaurant un dialogue ». « Ces dernières années en Syrie, est-ce que l’absence de dialogue complet avec la Russie a permis d’avancer davantage ? Dois-je vous rappeler Alep ? Je n’ai pas l’impression que l’absence de dialogue a permis d’avancer », a-t-il lancé.

Dans la Ghouta orientale, où le régime de Damas, allié de Moscou, poursuit une offensive depuis le 18 février, comme à Afrine, François Hollande plaide pour l’instauration de zones d’exclusion aérienne afin de faire cesser des bombardements sur hôpitaux et civils, en notant que les « lignes rouges ne peuvent concerner les seules armes chimiques ».