VIDEO. Après s'être insultés, Kim Jong-un et Donald Trump vont se rencontrer d'ici à mai

DIPLOMATIE Pyongyang s'est engagé à faire une pause dans ses tests nucléaires et balistiques...

P.B.

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Kim Jong-Un et Donald Trump. Montage photo.AFP PHOTO / SAUL LOEB AND Ed JONES
Kim Jong-Un et Donald Trump. Montage photo.AFP PHOTO / SAUL LOEB AND Ed JONES — AFP
  • Kim Jong-un a invité Donald Trump à le rencontrer, et le président américain a accepté.
  • La rencontre aura lieu «d’ici à mai», et le lieu et la date exacte doivent encore être déterminés.
  • Selon Séoul, Kim Jong-un s’est engagé en faveur de la dénucléarisation mais les experts ont de sérieux doutes.

Après les menaces et les insultes, le dialogue. Dans une mise en scène très théâtrale, la Corée du Sud a annoncé depuis la Maison Blanche que Kim Jong-un avait proposé à Donald Trump​ de le rencontrer. Le président américain a accepté, et la rencontre aura lieu « d’ici mai pour obtenir une dénucléarisation permanente » du régime, a indiqué le haut responsable sud-coréen Chung Eui-yong jeudi soir.

« Kim Jong-un a parlé de dénucléarisation avec les représentants sud-coréens, pas juste d’une pause. Et aussi, pas de tests de missiles par la Corée du nord pendant cette période [de négociations]. On fait de gros progrès mais les sanctions seront maintenues jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. La rencontre est en train d’être planifiée », a tweeté le président américain dans la foulée.

« Ne pas répéter les erreurs du passé »

Voici la déclaration intégrale de Chung Eui-yong (au centre sur la photo) :

Le haut responsable sud-coréen Chung Eui-yong a annoncé une rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump d'ici mai 2018.
Le haut responsable sud-coréen Chung Eui-yong a annoncé une rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump d'ici mai 2018. - MANDEL NGAN / AFP

« Lors de notre rencontre, Kim Jong-un a fait part de son engagement en faveur de la dénucléarisation. Il s’est engagé à ce que la Corée du Nord s’abstienne de procéder à de futurs tests nucléaires ou balistiques, et il a exprimé son désir de rencontrer le président Trump dès que possible. Le président Trump a dit qu’il rencontrerait Kim Jong-un d’ici mai pour arriver à une dénucléarisation permanente ».

Le responsable a affiché un optimisme mesuré mais il l’a promis : « La Corée du Sud et les Etats-Unis ne répéteront pas les erreurs du passé, et la pression sera maintenue jusqu’à ce que les mots de la Corée du Nord soient suivis d’actions ».

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders a remercié Chung Eui-yong. Donald Trump « a accepté l’invitation de Kim Jong-un à le rencontrer », a-t-elle indiqué, précisant que le lieu et le jour devaient encore être déterminés.

Les doutes des experts

Ce n’est pas la première fois que la Corée du Nord fait de telles promesses. En 1994, Pyongyang signe un accord avec les Etats-Unis pour restructurer son programme nucléaire. Mais en 2002, Pyongyang admet enrichir de l’uranium, violant ainsi les termes de l’accord. Dans la foulée, le régime de Kim Jong II expulse les inspecteurs puis se retire du Traité de non-prolifération nucléaire. Le premier test nucléaire sous-terrain a lieu en 2006, et l’an dernier, Kim Jong-un a testé un missile balistique intercontinental d’une portée de 13.000 km capable d’atteindre Washington.

Face à cette montée en puissance, de nombreux experts doutent de la volonté de Pyongyang. « Pour être clair, il faut parler avec la Corée du Nord. Mais Kim n’invite pas Trump pour abandonner ses armes. Il l’invite pour prouver que son investissement dans le nucléaire et les capacités balistiques force les Etats-Unis à le traiter comme un égal », écrit sur Twitter le géopolitologue américain Jeffrey Lewis.