Guinée: Des milliers d'«Amazones» en blanc exigent la fin des violences policières meurtrières

AFRIQUE Les manifestantes ont défilé mercredi pendant plusieurs heures dans les rues de Conakry...

20 minutes avec Agences

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Des milliers de femmes ont défilé en blanc dans les rues de Conakry (Guinée) pour protester contre les violences policières (illustration d'une manifestation en 2015).
Des milliers de femmes ont défilé en blanc dans les rues de Conakry (Guinée) pour protester contre les violences policières (illustration d'une manifestation en 2015). — CELLOU BINANI AFP

« Trop de morts, l’État dort encore ». C’était l’un des slogans affichés par des milliers de femmes en blanc, qui se font appeler « les Amazones ». Elles ont marché et défilé ce mercredi dans les rues de Conakry (Guinée) pour dénoncer les violences policières meurtrières.

« Mon fils est le 90e jeune tué »

Répondant à l’appel des femmes de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le principal parti d’opposition, les manifestantes ont dénoncé l’attitude du président Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015.

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Pendant plusieurs heures, elles ont dénoncé les violences policières perpétrées lors des manifestations politiques. « Mon fils est le 90e jeune tué par les forces de l’ordre depuis que M. Alpha Condé est au pouvoir, j’espère qu’il sera la dernière victime », a déclaré devant la foule la mère d’un jeune homme de 32 ans tué à Conakry en marge d’une manifestation le 26 février.

Plusieurs milliers de manifestantes

« Il y a sept ans que mon fils a été tué par balles, qu’on ne m’a jamais dit la vérité, que je n’ai pas eu le moindre réconfort des autorités guinéennes », a confié la mère de Zakaria Diallo, premier opposant à Alpha Condé à être tombé, à 28 ans, lors d’une manifestation le 4 avril 2011.

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Selon une correspondante de l’AFP, 5.000 manifestantes étaient présentes lors de ce défilé. De leur côté, les organisatrices avancent le chiffre de 10.000, mais aucun décompte officiel n’a été effectué.

Depuis 2010, 90 personnes ont été tuées par la police en Guinée,​ dont 12 le mois dernier.