Royaume-Uni: Theresa May promet de réagir, l'ex-espion russe toujours dans un état grave

CONTRE-ATTAQUE L’homme attaqué et sa fille sont toujours dans un état grave mais stable…

20 Minutes avec AFP

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Theresa May lors d'un discours sur le Brexit, le 2 mars 2018.
Theresa May lors d'un discours sur le Brexit, le 2 mars 2018. — Jonathan Brady / POOL / AFP

La tentative de meurtre d’un ex-agent double russe attise les tensions entre Londres et Moscou. Le gouvernement britannique s’est engagé ce jeudi à répondre de manière « appropriée » s’il s’avère qu’un Etat est impliqué dans cet empoisonnement.

« Le gouvernement réagira si nécessaire. Nous le ferons correctement, au bon moment, et sur la base des meilleures preuves », a déclaré la Première ministre britannique, Theresa May sur ITV. Envisage-t-elle d’expulser l’ambassadeur ? « Nous ferons ce qui est approprié, ce qui est juste, s’il est prouvé que c’est soutenu par un Etat », a-t-elle répondu.

Johnson y voit la main de la Russie

De son côté, dénonçant une attaque « sans foi ni loi », la ministre de l’Intérieur, Amber Rudd, s’est engagée devant les députés britanniques à ce que « tout soit fait pour que les responsables soient traduits en justice ». L’ancien espion Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, « visés spécifiquement » par l’administration d’un agent innervant selon la police, demeuraient « inconscients et dans un état critique mais stable », a-t-elle précisé. Le policier hospitalisé après leur être venu en aide est lui « conscient et parle », même si son état est « grave mais stable ».

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La nature du poison utilisé sur l’ex-espion et sa fille, retrouvés dimanche inconscients sur un banc près d’un centre commercial à Salisbury (sud de l’Angleterre), a été identifiée sans être révélée. Elle permettra d’en identifier « la source », avait indiqué mercredi le chef de la police antiterroriste, Mark Rowley. Interrogée sur la BBC, Amber Rudd a indiqué qu’il s’agissait d’une substance toxique « très rare ». Mais elle s’est refusée à spéculer sur les responsables du crime, alors que nombreux sont ceux à y voir la main de Moscou, déjà impliquée selon Londres dans l’empoisonnement au polonium-210 d’Alexandre Litvinenko, un ancien agent des services secrets russes, à Londres en 2006.

Des morts suspectes dans son entourage

Elle a toutefois assuré qu’une fois les faits établis, son gouvernement réagirait « sans hésitation » et « de façon ferme et appropriée ». Son collègue des Affaires étrangères, Boris Johnson, a lui pointé la Russie du doigt dès mardi. De quoi attiser les tensions avec Moscou qui a dénoncé une « campagne anti-russe ». Ancien colonel du service de renseignement de l’armée russe, Sergueï Skripal avait été accusé de « haute trahison » pour avoir vendu des informations au renseignement britannique, et condamné en 2006 à 13 ans de prison. En 2010, il avait fait l’objet d’un échange de prisonniers organisé entre Moscou, Londres et Washington, et s’était installé en Angleterre.

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La police tente de clarifier si sa fille, qui est arrivée au Royaume-Uni en provenance de Moscou la semaine dernière en apportant un « cadeau offert par des amis », a introduit elle-même de cette manière l’agent innervant dans le pays, selon The Times. Autre hypothèse : le poison aurait été vaporisé sur eux ou introduit dans leur nourriture ou boisson. Le journal affirme que les enquêteurs se penchent également sur le décès en 2012 de l’épouse de Skripal des suites d’un cancer, de même que sur la mort soudaine de son frère il y a deux ans et celle de son fils l’année dernière à Saint-Pétersbourg, en raison d’une maladie du foie.