Argentine: Décès de Reynaldo Bignone, dernier dictateur du pays

DISPARITION L'homme avait pris le contrôle du pays en 1982-1983, avant de s'auto-amnistier et laisser sa place à un président démocratiquement élu...

20 Minutes avec agences

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L'ex-dictateur argentin, Reynaldo Benito Bignone, le 5 mars 2013 à Buenos Aires
L'ex-dictateur argentin, Reynaldo Benito Bignone, le 5 mars 2013 à Buenos Aires — Juan Mabromata AFP

Le dernier dictateur argentin Reynaldo Bignone est décédé ce mercredi à 90 ans dans un hôpital militaire de Buenos Aires. Il purgeait une peine de prison à perpétuité.

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Hospitalisé pour une fracture à la hanche, celui qui a dirigé seul l’Argentine en 1982-1983 devait être opéré le même jour. Mais il est mort avant d’une insuffisance cardiaque, d’après les médias argentins.

« L’emploi du mot anéantir ne nous dérange pas »

Dès l’arrivée au pouvoir des militaires à la suite d’un  coup d’État en mars 1976, le général Bignone s’était montré un fervent partisan de la manière forte pour réduire la « subversion ». « L’emploi du mot anéantir ne nous dérange pas. […] On doit anéantir un ennemi. C’est pour cela qu’il y a des armements de plus en plus perfectionnés, c’est pour cela qu’on fait la guerre », avait-il déclaré au magazine Siete Dias.

Après la déroute de son armée face à la Grande-Bretagne en 1982, il avait cédé fin 1983 sa place au premier président démocratiquement élu, Raul Alfonsin. Avant cela, il avait pris soin de ratifier le « rapport final » de la junte, qui déclarait morts tous les disparus de la dictature et permettait l’auto-amnistie des militaires.

30.000 morts pendant la dictature

Il a été poursuivi en 1985 avec d’autres chefs militaires. Tous ont été condamnés avant d’être libérés par le pardon présidentiel de Carlos Menem en 1990. En 2005, le président Nestor Kirchner a annulé les lois d’amnistie de la junte. La justice argentine a alors condamné plus de 200 dirigeants de la dictature, et quelque 800 policiers et militaires font encore l’objet de poursuites.

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Arrêté en janvier 1999, Bignone avait été condamné lors de plusieurs procès à la prison à perpétuité. Il était accusé de violations des droits de l’homme commises sous la dictature dont des assassinats, des actes de torture et sa participation présumée aux rapts de bébés nés en captivité. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, la dictature argentine a fait 30.000 morts et disparus.