VX, polonium, dioxine... L’empoisonnement, un classique pour écarter des opposants et des espions

SOCIETE «20 Minutes» revient sur l'utilisation de poisons dans plusieurs assassinats marquants...

Anne-Laëtitia Béraud

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Illustration poison qimono/pixabay
Illustration poison qimono/pixabay — qimono/pixabay
  • En Angleterre, un ex-agent double russe et sa fille sont hospitalisés depuis dimanche après «une tentative de meurtre à «l'agent innervant».
  • Cette affaire remet en lumière l'utilisation de poisons dans plusieurs tentatives d'assassinats d'opposants ou d'anciens espions.

Les empoisonnements des opposants et des espions, plébiscités dans les romans d’espionnage de la guerre froide, restent d’actualité au XXIe siècle. En Angleterre, un ex-agent double russe et de sa fille luttent contre la mort  après un éventuel empoisonnement dimanche. Dioxine, polonium, agent VX, les poisons utilisés ces dernières décennies pourraient nourrir un catalogue. 20 Minutes revient sur quelques cas marquants d’empoisonnements…

Photo datée du 9 août 2006 de l'ancien agent double russe Sergei Skripal, réfugié en Angleterre en 2010, et où il a été empoisonné avec sa fille le 4 mars 2018.
Photo datée du 9 août 2006 de l'ancien agent double russe Sergei Skripal, réfugié en Angleterre en 2010, et où il a été empoisonné avec sa fille le 4 mars 2018. - Yuri SENATOROV / Kommersant Photo / AFP
  • L’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille possiblement empoisonnés

Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients dimanche dans un centre commercial à Salisbury (Angleterre). Ils sont depuis hospitalisés. Ancien colonel au sein du service de renseignement de l’armée russe, Sergueï Skripal a été condamné en 2006 à 13 ans de prison pour avoir livré des informations aux Britanniques. Il s’est installé à Londres après avoir fait l’objet d’un échange de prisonniers en 2010 entre Moscou, Londres et Washington. Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a pointé du doigt la responsabilité de la Russie dans cette affaire, accusation réfutée par Moscou. Mercredi soir, la police britannique a fait savoir qu’il s’agissait d’une tentative de meurtre à « l’agent innervant ».

>> Diaporama: Ces armes que vous ne saurez voir

Kim Jong-nam, demi-frère du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a été assassiné lundi 13 février en Malaisie.
Kim Jong-nam, demi-frère du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a été assassiné lundi 13 février en Malaisie. - JIJI PRESS / AFP
  • L’agent VX utilisé sur Kim Jong-Nam, demi-frère du dirigeant nord-coréen

Le 13 février 2017, Kim Jong-Nam, demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong-Un, a été empoisonné en plein jour par deux femmes dans un aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie. L’homme a rapidement succombé à une crise cardiaque. Des traces de VX, un agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive, ont été découvertes par les experts malaisiens. La Corée du Nord a nié toute implication dans cet assassinat.

>>A lire aussi: C’est quoi le VX, ce superpoison qui a tué le demi-frère de Kim Jong-un?

  • Le gelsémium contre l’oligarque russe Alexander Perepilichny ?

Le 10 novembre 2012, l’oligarque russe Alexander Perepilichny meurt subitement près à Londres où il est réfugié depuis 2009. L’homme a livré des informations à propos d’un vaste scandale de corruption en Russie. La police conclut à une mort naturelle avant que de nouvelles analyses, en 2015, ne laissent penser à un empoisonnement. Des traces d’un produit dérivé du gelsémium, une substance rare utilisée par les Chinois et les Russes, ont été trouvées dans l’estomac de la victime.

>>A lire aussi: Des traces de poison sur un Russe mort en Angleterre

Photo du Lieutenant-Colonel russe Alexander Litvinenko prise le 14 septembre 2004 lors d'une conférence de presse à Londres.
Photo du Lieutenant-Colonel russe Alexander Litvinenko prise le 14 septembre 2004 lors d'une conférence de presse à Londres. - MARTIN HAYHOW / AFP
  • Le polonium-210 contre l’ancien espion russe Alexander Litvinenko

Le cas de l’ancien agent des services secrets russes Alexander Litvinenko a défrayé la chronique fin 2006. L’homme, qui collaborait avec les Britanniques et enquêtait sur d’éventuels liens entre le Kremlin et la mafia russe, se sent mal après avoir bu un thé avec deux Russes dans un hôtel à Londres le 1er novembre 2006. Il meurt quelques semaines plus tard, empoisonné au polonium-210, une substance radioactive produite en Russie. Moscou qui a refusé d’extrader le principal suspect de cette affaire, a récusé les accusations la visant.

>> A lire aussi: Questions…réponses sur l’affaire Litvinenko

 

Vicktor Iouchtchenko, leader de la révolution orange et candidat à la présidentielle ukrainienne, lors d'un meeting le 27 novembre 2014 à Kiev.
Vicktor Iouchtchenko, leader de la révolution orange et candidat à la présidentielle ukrainienne, lors d'un meeting le 27 novembre 2014 à Kiev. - HALEY/SIPA
  • La dioxine utilisée contre le candidat ukrainien Viktor Iouchtchenko

En septembre 2004, Viktor Iouchtchenko, candidat à la présidentielle ukrainienne face à un adversaire soutenu par Moscou, tombe gravement malade. Empoisonné à la dioxine, l’homme survit mais garde des séquelles sur sa peau. Il est élu président du pays en 2005 et termine son mandat en 2010.

Portrait datée d'août 1997 de Khaled Mechaal, visé par une tentative d'assassinat par des agents israéliens en septembre 1997.
Portrait datée d'août 1997 de Khaled Mechaal, visé par une tentative d'assassinat par des agents israéliens en septembre 1997. - JAMAL NASRALLAH / AFP
  • L’assassinat raté visant Khaled Mechaal, dirigeant du Hamas

En septembre 1997, cinq agents israéliens se faisant passer pour des touristes canadiens tentent d’assassiner en Jordanie Khaled Mechaal,chef du bureau politique du mouvement islamiste Hamas. Ils lui injectent une substance toxique au visage. Deux agents sont arrêtés par les Jordaniens. Contre leur libération, le gouvernement israélien fournit un antidote au Palestinien et libère cheikh Ahmed Yassine, chef spirituel du Hamas.

Photo non datée du dissident bulgare Georgi Markov, mort le 11 septembre 1978 après avoir été empoisonné avec un parapluie, qui a donné lieu à l'affaire «du parapluie bulgare».
Photo non datée du dissident bulgare Georgi Markov, mort le 11 septembre 1978 après avoir été empoisonné avec un parapluie, qui a donné lieu à l'affaire «du parapluie bulgare». - HO / AFP
  • La ricine pour le dissident bulgare Georgi Markov

Le 11 septembre 1978, l’opposant bulgare Georgi Markov est piqué à la jambe par un passant avec un parapluie. Celui-ci est une en réalité arme contenant une dose de ricine et Georgi Markov meurt trois jours plus tard. L’affaire du « parapluie bulgare » n’a jamais été officiellement élucidée.