VIDEO. Oscars 2018: Qu'est-ce que l'«inclusion rider», cette clause de la diversité au cinéma?

EGALITE Cette clause vise à établir une juste représentation des femmes et des minorités dans les films par rapport à la société américaine…

20 Minutes avec agence

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Sam Rockwell, Frances McDormand, Allison Janney  et Gary Oldman primés aux Oscars 2018.
Sam Rockwell, Frances McDormand, Allison Janney et Gary Oldman primés aux Oscars 2018. — DAVID FISHER/SHUTTERSTOCK/SIPA

La notion d'« inclusion rider » ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais elle ne date pas d’hier. Et depuis dimanche soir, le monde du cinéma ne parle que de ça, ou presque. C’est Frances McDormand qui, en venant récupérer son Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans Three Billboards, a abordé le sujet : « J’ai deux mots pour vous ce soir, mesdames et messieurs : inclusion rider. »

Comme le rappelle Europe 1, ce terme a été inventé en 2016 par la professeure de communication Stacy Smith et l’avocate des droits civiques Kalpana Kotagal. Il s’agit d’une clause visant à établir une juste représentation des femmes et des minorités dans les films.

« Les personnages doivent être le reflet du monde dans lequel on vit »

Les acteurs de premier plan d’un long-métrage peuvent, selon le texte, exiger de voir cette clause respectée avant de signer leur contrat. Elle « stipule que pour les petits et seconds rôles, les personnages doivent être le reflet du monde dans lequel on vit », détaillait Stacy Smith dans Vanity Fair. Un film américain doit donc comporter 50 % de femmes, 40 % de personnes de couleur, 5 % de personnes LGBT +, et 20 % de personnes handicapées.

« En moyenne, un film comporte 40 à 45 personnages qui parlent. Je dirais que seulement 8 à 10 d’entre eux sont réellement importants dans l’histoire », analysait la professeure américaine dans une conférence animée en octobre 2016. « Pour les 30 rôles restants, il n’y a pas de raison que ces personnages mineurs ne puissent pas refléter la démographie du lieu où l’histoire se déroule », avait-elle ajouté.

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Le soir de la 90e cérémonie des Oscars, Frances McDormand a avoué n’avoir découvert cette clause que quelques jours auparavant. « Cette clause a toujours existé et peut être demandée lorsqu’on négocie sa participation dans un film. Je la découvre trente-cinq ans après avoir commencé à travailler dans le milieu du cinéma ». Toujours selon Europe 1, interviewée à l’issue de la cérémonie, Meryl Streep a confié ne pas être au courant de l’existence de cette clause.