Israël: Un proche de Netanyahou accepte de témoigner contre lui dans une enquête pour «corruption»

TEMOIN En échange, la police a promis à cet ancien proche du Premier ministre de la « mansuétude » dans l’affaire…

20 Minutes avec AFP

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Nir Hefetz, le 22 février 2018 au tribunal à Tel Aviv.
Nir Hefetz, le 22 février 2018 au tribunal à Tel Aviv. — JACK GUEZ / AFP

Nouveau coup dur pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou : un proche a accepté de témoigner contre lui dans l’une des enquêtes de «corruption» présumée le concernant. Nir Hefetz, ex-porte-parole des Netanyahou a signé avec les enquêteurs un accord lui conférant le statut dit de « témoin d’Etat ». En échange, il bénéficie de la mansuétude de la justice dans l’affaire dite Bezeq, dans laquelle il est lui aussi impliqué.

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Ce cas porte le nom du plus important groupe israélien de télécommunications. La police enquête sur cette affaire de corruption : elle cherche à savoir si les Netanyahou se sont assuré une couverture propice de la part du site d’information Walla, propriété de Bezeq, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui représentent des centaines de millions de dollars.

Course aux témoins d’état

Nir Hefetz est le troisième proche ou ancien proche de Netanyahou à accepter de coopérer avec les enquêteurs dans au moins six enquêtes concernant directement ou indirectement le Premier ministre. « La course permanente aux témoins d’Etat (de la part des enquêteurs) constitue la meilleure preuve possible qu’il n’y a rien (dans le dossier) et qu’il n’y aura rien », a estimé un collaborateur de Benjamin Netanyahou.

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Selon les médias, Benyamin Netanyahou et son épouse ont été interrogés séparément vendredi sur ce dossier également surnommé « dossier 4000 ». La police a arrêté huit personnes dans cette affaire, dont Shlomo Filber, présenté comme l’un des hommes de confiance du Premier ministre, Nir Hefetz, ancien porte-parole personnel des Netanyahou, ainsi que Shaul Elovitch et Stella Handler, respectivement principal actionnaire et actuelle PDG de Bezeq.

Cigares, champagne et bijoux

Les interrogatoires sur Bezeq ont mis au jour une affaire dans l’affaire (« dossier 1.270 »). La police a confirmé mardi chercher à savoir si deux hommes avaient tenté d’acheter la bienveillance d’une magistrate. Selon la presse, Nir Hefetz est soupçonné d’avoir offert à la juge le poste très haut placé de procureure générale. En échange, elle aurait dû s’engager à refermer l’enquête sur l’emploi suspect de fonds publics à la résidence du Premier ministre, en particulier de la part de Sara Netanyahou.

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Ce ne sont pas les seules affaires qui poursuivent Benyamin Netanyahou. Dans le « dossier 1.000 », la police le soupçonne d’avoir reçu pour un million de shekels (environ 235.000 euros) en cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux de la part de richissimes personnalités, en échange de faveurs financières ou personnelles ; dans le « dossier 2.000 », les enquêteurs suspectent le Premier ministre d’avoir tenté de conclure avec le propriétaire du Yediot Aharonot un accord pour une couverture plus favorable de la part du plus grand quotidien israélien payant. En retour, M. Netanyahou aurait évoqué avec M. Moses la possibilité de faire voter une loi qui aurait limité la diffusion d’Israel Hayom, un concurrent du Yediot.