Qu'est-ce que le GSIM, le groupe djihadiste qui a revendiqué les attaques de Ouagadougou?

DJIHADISME Né il y a un an de la fusion de plusieurs groupes du Sahel, il se présente comme «le plus grand rassemblement de djihadistes de la région»...  

M.C.

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Iyad Ag Ghaly, le chef du mouvement djihadiste Ansar Dine, à l'aéroport de Kidal (nord du Mali) le 7 août 2012. Il est à la tête du groupe GSIM qui a revendiqué les attaques de Ouagadougou.
Iyad Ag Ghaly, le chef du mouvement djihadiste Ansar Dine, à l'aéroport de Kidal (nord du Mali) le 7 août 2012. Il est à la tête du groupe GSIM qui a revendiqué les attaques de Ouagadougou. — ROMARIC OLLO HIEN / AFP
  • Le «Groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans» a revendiqué les attaques de Ouagadougou.
  • Ce groupe est né il y a un an de l'union de plusieurs entités djihadistes.
  • Il affirme avoir agi en représailles à une opération française au Mali fin février.

La double attaque de Ouagadougou, qui a fait huit morts vendredi parmi les forces de l’ordre dans la capitale burkinabè, a été revendiquée samedi par un groupe djihadiste qui se fait appeler le GSIM, ou Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans. Voici ce que l’on sait de cette organisation formée il y a un an par la fusion de plusieurs groupes djihadistes.

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Qu’est-ce que le GSIM ?

La naissance du « Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans », ou Nusrat al-Islam wal-Muslimin en arabe, a été annoncée le 2 mars 2017. Le groupe, issu de la fusion de plusieurs groupes du Sahel, se présente alors « comme le plus grand rassemblement de djihadistes de la région », écrivait à l’époque le journaliste Mohamed Fall Oumère, spécialiste des mouvements terroristes, dans le Monde.

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Le GSIM avait déjà revendiqué l’attaque qui a coûté la vie à deux militaires français dans le nord du Mali fin février. Il est impliqué dans la détention de plusieurs Occidentaux, dont Sophie Pétronin, une Française âgée de 75 ans enlevée à Gao (nord du Mali) le 24 décembre 2016 par des hommes armés.

Quels sont les groupes qui le composent ?

Le GSIM est issu de la fusion des groupes Ansar Dine (« Les défenseurs de la religion ») d’Iyad Ag Ghaly, Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar - qui a notamment revendiqué des attaques à Bamako et Ouagadougou ces deux dernières années - et « l’Emirat du Sahara », une branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Qui est sa figure dirigeante, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly ?

Ce chef touareg, ancienne figure indépendantiste, est le fondateur du groupe Ansar Dine, dans le nord du Mali. Cette entité, alliée à Al-Qaida, fait partie des groupes armés qui ont contrôlé le nord du Mali entre 2012 et janvier 2013. En 2015, après que la force française Barkhane eut « neutralisé » (tué ou arrêté) plus d’une centaine de djihadistes dans le nord du pays, Iyad Ag Ghaly s’était réfugié à la frontière algérienne, selon des sources militaires.

Dans une interview à un organe yéménite d’Al Qaïda au printemps 2017, citée par le site malien Bamada, il définit ainsi la stratégie de GSIM, la nouvelle entité terroriste qu’il dirige : « élargir sa présence dans un grand espace géographique », mais aussi « dresser tous les musulmans contre l’ennemi à travers une recherche de soutien populaire et le renforcement des relations avec les populations ». Il annonce aussi « des actions de guérilla » avec un recours alternatif « aux méthodes de guerre classique ».

Pourquoi l’ambassade de France et l’état-major des forces armées du Burkina ont-ils été visés ?

Dans un message parvenu samedi à l’agence privée mauritanienne « Al Akhbar », le GSIM a affirmé avoir perpétré les attaques de Ouagadougou en représailles « à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines ».

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Un proche d’Iyad Ag Ghaly, un ex-colonel de l’armée malienne nommé Malick Ag Wanasnat, avait été tué lors d’un raid des forces françaises au Mali, mené le 14 février, près de la frontière algérienne, avait annoncé le lendemain l’armée malienne. Une vingtaine de djihadistes présumés avaient été « tués ou capturés », selon l’état-major français.

Vendredi, le ministre de la Sécurité burkinabè, Clément Sawadogo, avait déclaré que l’attentat visait « peut-être » une réunion militaire de la force multinationale antidjihadiste du G5-Sahel (Mali, Burkina, Niger, Tchad et Mauritanie), qui devait se tenir dans une salle dévastée par l’explosion d’une voiture piégée. Cette réunion entre le chef d’état-major et des officiers a été tenue dans une autre salle au dernier moment, évitant un carnage.