Elargissement de l'Otan: oui à la Croatie et à l'Albanie

DEFENSE Non à la Macédoine, à l'Ukraine et à la Géorgie…

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Réunis dans un gigantesque palais, symbole de la folie des grandeurs du défunt dictateur communiste Nicolae Ceausescu, les dirigeants de l'Otan devaient aussi négocier sur un élargissement immédiat à plusieurs pays des Balkans.
Réunis dans un gigantesque palais, symbole de la folie des grandeurs du défunt dictateur communiste Nicolae Ceausescu, les dirigeants de l'Otan devaient aussi négocier sur un élargissement immédiat à plusieurs pays des Balkans. — Michael Urban AFP/DDP

L'élargissement était l'un des grands enjeux du sommet de l'Otan de Bucarest. Les 26 pays de l'Alliance atlantique ont invité mercredi soir l'Albanie et la Croatie à les rejoindre. Ils n'ont pas réussi à trouver en revanche un consensus pour donner un statut de candidat officiel aux deux anciennes républiques de Géorgie et d'Ukraine.

La Grèce a mis quant à elle son veto à une adhésion de l'ancienne république yougoslave de Macédoine, qui, selon des diplomates de l'Otan, était pourtant techniquement aussi prête à intégrer l'0rganisation que la Croatie et l'Albanie. Mais, dans l'Otan, toute décision doit être prise à l'unanimité. Depuis l'éclatement de la Yougoslavie au début des années 90, la Grèce a un différend sur le nom de l'ancienne république yougoslave. Le nom de Macédoine désigne en Grèce une région du nord. Athènes estime que ce nom appartient à son patrimoine national.

La Croatie et l'Albanie seront donc admis, probablement dans un an, à intégrer l'alliance militaire occidentale, fondée en 1949 pour contrer la menace communiste de l'URSS. Ils en seront les 27e et 28e Etats-membres.

Les espoirs de l'Ukraine et de la Géorgie ont également singulièrement décliné en raison de l'opposition ferme de deux des principaux membres de l'alliance, la France et l'Allemagne. Durant deux jours, le président George W. Bush avait pourtant pressé ses alliés d'accueillir les deux pays dans le Plan d'action en vue de l'adhésion (MAP), ultime étape, sans garantie, avant une entrée à terme dans l'alliance.

Front franco-allemand contre l'Ukraine et la Géorgie

Mais dès son arrivée à Bucarest, la chancelière allemande Angela Merkel avait réitéré son opposition à la proposition américaine. «Nous sommes parvenus à la conclusion qu'il est malgré tout encore trop tôt pour donner le statut du MAP à ces deux pays», a déclaré la chancelière, tout en soulignant que l'opposition de l'Allemagne n'était pas de principe ni éternelle.

Mardi, le Premier ministre français François Fillon avait clairement signifié la désapprobation de la France, au nom de «l'équilibre des rapports de puissance en Europe et entre l'Europe et la Russie». Moscou est en effet farouchement opposée à toute extension de l'Otan vers l'Est.

L'Allemagne, la France, qui emmènent un groupe d'environ dix pays, estiment que l'Ukraine et la Géorgie ne sont pas des démocraties assez mûres et stables pour l'Otan.