Etats-Unis: Quand une église bénit les armes automatiques des fidèles en Pennsylvanie

ARMES La cérémonie a lieu le jour du retour à l’école des lycéens de Parkland où 17 personnes ont été tuées par un ancien élève…

20 Minutes avec agences

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Les fidèles de l'Eglise du sanctuaire, en Pennsylvanie, sont venus avec leurs armes écouter le révérend Sean Moon, mercredi 28 février 2018
Les fidèles de l'Eglise du sanctuaire, en Pennsylvanie, sont venus avec leurs armes écouter le révérend Sean Moon, mercredi 28 février 2018 — Jacqueline Larma/AP/SIPA

L’image illustre le fossé entre défenseurs de la liberté de s’armer, et partisans d’un contrôle plus strict aux Etats-Unis. Les fidèles d’une église de Newfoundland, un bourg d’une région rurale de Pennsylvanie, se sont fait bénir la main serrée sur leur arme semi-automatique, mercredi 28 février.

Cette Eglise du sanctuaire est une émanation de l’Eglise de l’unification, plus connue sous le nom de secte Moon, dirigée par Hyung Jin Moon, fils cadet du Révérend Moon, décédé en 2012.

Une église extrémiste et homophobe

Homophobe et proche de la droite dure, selon le Southern Poverty Law Center qui suit les groupes extrémistes, Hyung Jin Moon prône une religion faite d’armes et de prières : il arrive à la célébration, accompagné de trois hommes armés en treillis, et anime régulièrement sur YouTube une émission, suivie par quelque 2.000 abonnés, avec un AR-15 placé devant lui.

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Les dimanches, l’Eglise du Sanctuaire rassemble quelque 200 participants, plus un nombre non précisé de fidèles, en Corée ou au Japon notamment, qui suivent les cérémonies via internet, selon un de ses responsables, Tim Elder.

500 fidèles réunis

Ce mercredi 28 février, l’Eglise organisait une cérémonie de mariage collectif comme Moon père les affectionnait. Mais, nouveauté, son fils avait encouragé les participants - environ 500 personnes - à montrer leur volonté de défendre leur famille et leur religion en apportant une arme semi-automatique de type AR-15 - chargeur vidé et verrouillé pour éviter tout incident.

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Par un triste comble, la cérémonie, prévue depuis longtemps, tombait le jour où les lycéens de Parkland, en Floride, retournaient à l’école, quinze jours après qu’un ex-élève muni d’un AR-15 eut tué 17 personnes.

« Dieu ne bénit pas les armes »

Une dizaine de personnes manifestaient toutefois devant l’église, brandissant des pancartes disant : « Adorez Dieu, pas les armes », ou « Dieu ne bénit pas les armes ». Et plusieurs caméras de télévision couvraient l’événement.

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Parmi les fidèles de cette congrégation marginale, Andrew Kessler, un avocat venu avec un AR-15 acheté il y a quelques mois, a expliqué qu’il n’a pas « été prouvé que s’il y a moins d’armes, il y aura moins de violence ». John Paul Harris, 68 ans, et « fier membre à vie » de la National Rifle Association, a souligné de son côté que « partout dans ce pays où les lois sur les armes sont les plus strictes, la criminalité est au plus haut ». Ce genre de propos démontrent à quel point le débat sur les armes est loin d’être réglé.